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PRB 01-4F
OZONE : L'ÉCRAN SOLAIRE DE
LA TERRE
Rédaction
:
Joanne Agterberg, Daniel Brassard
Division des sciences et de la technologie
Le 2 avril 2001
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION
ALTÉRATION
DU SYSTÈME NATUREL
A. Équilibre du rayonnement thermique
B. Rayonnement ultraviolet
1. Incidence sur la santé humaine
2. Incidence sur la flore terrestre
3. Incidence sur la vie aquatique
4. Incidence sur la pollution atmosphérique
ÉTENDUE DES
DOMMAGES
SUBSTANCES
DESTRUCTRICES DE LOZONE
A. Agents
B. Innovation
MESURES VISANT LA
RÉDUCTION DES AGENTS DESTRUCTEURS
A. Mesures internationales
B. Initiatives du gouvernement fédéral
C. Mesures fédérales-provinciales
D. Mesures qui restent à prendre
RÉSUMÉ ET
CONCLUSION
ANNEXE :
Substances destructrices de lozone
OZONE : LÉCRAN SOLAIRE DE LA
TERRE
La vie sur Terre repose sur un
équilibre délicat entre de nombreux éléments différents. Les conditions
nécessaires à la diversité et à labondance des formes de vie sont assez
restrictives, et un changement majeur peut avoir des résultats imprévisibles.
Cest lénergie du soleil qui permet la vie, sous toutes ses formes, sur la
planète bleue.
Le rayonnement ultraviolet (UV) est
lune des principales composantes de lénergie solaire transmise à la
Terre. Ce rayonnement, nécessaire en quantités modérées, peut, en quantités
excessives, entraîner de graves problèmes pour lhomme et pour la biosphère en
général. Lozone présent dans la stratosphère atténue la quantité de
rayonnement qui atteint la surface de la Terre. La stratosphère est une couche de
latmosphère située en altitude, caractérisée par une inversion thermique, et où
lozone joue pour la Terre un rôle décran solaire en filtrant les longueurs
donde UV les plus dangereuses.
Depuis les années 1970, nous savons que
diverses substances de synthèse détruisent cette couche protectrice. Les
résultats détudes menées par la National Aeronautics & Space Administration
(NASA) des États-Unis suggèrent que la perte dozone dans la haute atmosphère du
Nord continuera daugmenter dans les années à venir(1). Selon plusieurs modèles scientifiques et un
rapport publié par Environnement Canada, les épisodes dappauvrissement grave
pourraient devenir plus fréquents au cours des 20 prochaines années, et ce serait
entre 2010 et 2020 que les cas de destruction seraient les plus fréquents dans
lArctique(2). Le présent
document examinera les divers aspects du problème de lozone, depuis ses causes
techniques jusquaux plus récents efforts faits pour le régler.
ALTÉRATION DU SYSTÈME NATUREL
Au fil des temps géologiques,
latmosphère a connu des changements et est devenue cette couche protectrice de la
Terre qui permet la présence de la vie. La vie sur Terre a évolué lentement, de
sorte que chaque élément de lécosystème sest adapté pour tirer le
meilleur parti des conditions existantes. Au cours du dernier siècle,
lactivité humaine a modifié latmosphère à une vitesse qui défie la nature
et a ainsi réduit la capacité dadaptation de certains organismes.
Certaines modifications de notre
environnement sont évidentes; dautres, plus difficiles à déceler. Le smog,
par exemple, se remarque facilement; par contre, la modification des propriétés
dabsorption et de réflexion de latmosphère est plus difficile à constater
directement.
Il faut posséder une connaissance de
base des processus qui interviennent dans ce phénomène pour apprécier pleinement
limportance de la baisse de la quantité dozone dans la haute
atmosphère. Lozone (O3) est un gaz légèrement bleuté,
dodeur piquante, comportant un atome doxygène de plus que loxygène
moléculaire (O2). Il est présent au niveau du sol sous la forme de
pollution, et y est dangereux pour la vie; il est aussi naturellement présent dans
latmosphère jusquà une altitude denviron 60 km
(figure 1). En règle générale, 85 p. 100 de tout lozone se
situe dans une région de la stratosphère, daltitude variable selon la latitude,
connue sous le nom de « couche dozone »(3). En moyenne, la quantité totale dozone
présente dans la stratosphère est de 300 dobsons, ce qui équivaut à une
épaisseur dozone pur de seulement 3 mm, à la pression au niveau du sol et à
0 °C. Lorsque lozone stratosphérique tombe à moins de
200 dobsons, on considère que cest le début dun « trou »
dozone.
Figure 1
Profil vertical typique de la densité
dozone aux latitudes moyennes de lhémisphère Nord (unités =
dobsons/kilomètre). La stratosphère se situe entre la tropopause et la
stratopause. En superposition figurent des tracés du rayonnement UV en fonction de
laltitude pour les UV-A (320 à 400 nm), les UV-B (280 à 320 nm) et les
UV-C (200 à 280 nm). La largeur de la barre représente la quantité
dénergie en fonction de laltitude. Lénergie des UV-C baisse
spectaculairement avec laugmentation de lozone, à cause de la forte
absorption dans la plage de longueurs donde de 200 à 280 nm. Les UV-B
sont aussi beaucoup absorbés, et seule une petite fraction en atteint la surface.
Les UV-A ne sont que faiblement absorbés par lozone, avec une certaine diffusion
près de la surface(4).
Lozone se forme lorsque du
rayonnement de haute énergie, comme le rayonnement ultraviolet, dissocie les molécules
doxygène en deux atomes doxygène qui se recombinent avec dautres
molécules doxygène. La concentration stratosphérique dozone atteint
de nouveaux points déquilibre selon les vitesses relatives de sa formation et de sa
destruction, qui elles-mêmes dépendent de plusieurs conditions. Les pertes
maximales dozone surviennent aux altitudes où il est le plus abondant, comme le
montre la figure 2(5).
Figure 2(6)
La destruction de lozone
stratosphérique est un processus complexe, qui fait intervenir de nombreux
facteurs. Elle est accélérée par la présence de niveaux significatifs de
catalyseurs(7), plus précisément le
chlore et le brome, qui sont membres de la famille des halogènes, des éléments
extrêmement réactifs. Le chlore et le brome présents dans la stratosphère
proviennent de nombreuses sources, tant humaines que naturelles. La principale
source des halogènes dans latmosphère est constituée de produits de synthèse
appelés « halocarbures »(8),
qui contribuaient pour 82 p. 100 au chlore pénétrant dans la stratosphère au
début des années 1990(9). Les
halogènes de source naturelle ont une durée de vie plus courte que les
halocarbures. À moins quils ne soient injectés directement dans la
stratosphère par une activité volcanique importante, ils sont dissous et lessivés par
les précipitations dans les basses régions de latmosphère, où interviennent les
conditions météorologiques. Les halocarbures ne sont pas solubles dans leau;
toutes les quantités émises atteignent donc à terme la stratosphère via le mélange
atmosphérique, en général sur une période de 5 ans.
Lorsque les halocarbures atteignent la
stratosphère, lexposition au rayonnement ultraviolet de haute énergie et le
contact avec dautres substances chimiques brisent les liaisons entre les atomes,
libérant les halogènes qui peuvent se lier chimiquement de nombreuses manières, par
exemple en chlorure dhydrogène ou en nitrate de chlore.
La stratosphère est réputée pour son
absence de nuages; pourtant, lappauvrissement de lozone survient surtout dans
les nuages stratosphériques polaires (PSC), des nuages nocturnes lumineux composés
deau en surfusion et dacides nitrique et sulfurique. Les PSC se forment
à de basses températures et constituent des sites actifs(10) dans lesquels une réaction très lente en phase
gazeuse peut se faire très rapidement dans un processus hétérogène, cest-à-dire
sur des surfaces solides. Lorsquil y a des PSC, le chlore qui est séquestré,
par des ions hydrogène(11) ou des
oxydes dazote(12), est libéré
sous la forme de chlore gazeux (Cl2), produisant de lacide nitrique(13). Plusieurs autres réactions
hétérogènes se déroulent aussi dans les PSC, et contribuent à lappauvrissement
de lozone.
Le chlore moléculaire est dissocié par
le rayonnement solaire après la fin de la nuit polaire. Les atomes de chlore
réagissent avec lozone (O3) pour former du monoxyde de chlore (ClO) et
de loxygène moléculaire (O2). Le monoxyde de chlore se combine
alors avec loxygène atomique (O), libéré dans le processus naturel de création
de lozone, pour donner de loxygène moléculaire (O2) et
régénérer du chlore atomique (Cl). De façon générale, lorsque les conditions y
sont favorables, un seul atome de chlore, agissant comme catalyseur, peut détruire
jusquà 100 000 molécules dozone, sur une centaine dannées.
Ce sont les régions polaires qui
connaissent le plus grand nombre de PSC, à cause dun phénomène connu sous le nom
de « vortex polaire ». Cette zone dair stratosphérique
extrêmement froid en rotation autour du pôle se forme pendant la longue nuit
polaire. Le vortex empêche lapport, et le mélange atmosphérique,
dozone stratosphérique ou de chaleur. La perte dozone survient
rapidement sur ces plates-formes lorsque le rayonnement solaire revient et photolyse(14) les molécules de chlore.
Souvent, les particules des PSC qui contiennent de lazote grossissent(15) et sinstallent à un niveau plus
bas (ce processus est appelé dénitrification). Par conséquent, le chlore
nest plus séquestré par les oxydes dazote, mais la destruction catalytique
de lozone se poursuit(16).
Le relief de lAntarctique étant
généralement uniforme, le vortex polaire austral est plus intense que celui de
lArctique. Au-dessus de certaines zones de lAntarctique, la baisse de
lozone peut atteindre 70 p. 100 en lespace de quelques semaines(17).
Les conséquences environnementales de
lappauvrissement de lozone sont de deux ordres : le bilan énergétique
radiatif de la Terre est altéré, et la quantité de rayonnement ultraviolet nocif qui
atteint la surface de la planète augmente.
A. Équilibre du rayonnement
thermique
Lozone joue un rôle dans la
régulation du flux de chaleur dans latmosphère en absorbant le rayonnement du
soleil. La distribution exacte de lozone dans la stratosphère influe donc sur
la température de latmosphère et sur les régimes météorologiques. Même
de petits changements de lapport dénergie solaire dans latmosphère ou
de léchange radiatif dénergie entre le sol et latmosphère peuvent
modifier le climat(18). La
distribution de la température dans la stratosphère est une fonction directe de celle de
lozone(19). Cet état de
choses a beaucoup dimportance parce que lappauvrissement de lozone est
très sensible à la température.
B.
Rayonnement ultraviolet
Lénergie émise par le Soleil
couvre un large spectre. Une partie est sous la forme dénergie ultraviolette,
qui a une longueur donde plus courte que celle de la lumière violette. La
partie du spectre ultraviolet composée des longueurs donde de 280 à
320 nanomètres (ou 10-9 m), appelée ultraviolet-B (UV-B), est
dangereuse en quantités excessives. Les UV-C sont encore plus énergétiques, mais
sont presque entièrement filtrés par lozone. Un appauvrissement de la couche
dozone fait monter lintensité des UV-B au niveau du sol denviron le
double de la baisse en pourcentage, tous autres facteurs exclus. Par exemple, si
lozone est appauvri de 30 p. 100, la quantité dUV-B atteignant la
surface de la Terre augmente de 60 p. 100(20).
Sous des quantités élevées
dUV-B, les matériaux synthétiques comme les plastiques, et les matériaux naturels
comme le bois, changent de couleur et se détériorent plus vite. De nombreuses
autres catégories de matériaux pourraient être touchés de même; les recherches à ce
sujet se poursuivent.
1. Incidence sur la
santé humaine
Le rayonnement ultraviolet peut briser
les liaisons chimiques de diverses substances, dont lADN, les molécules qui codent
linformation génétique. Les effets du rayonnement UV sont complexes et
difficiles à interpréter, mais plusieurs conséquences de lexposition de
lêtre humain à des niveaux accrus dUV-B ont été confirmées.
Lexposition excessive au
rayonnement UV-B, surtout pendant lenfance, cause une augmentation des cas de cancer
de la peau. Une des raisons en est que les UV-B affectent les réactions
immunitaires de la peau, de sorte que lorganisme est moins susceptible de rejeter
une tumeur en train de grossir(21).
On sattend à ce quune diminution de 10 p. 100 de lozone
stratosphérique total entraîne chaque année, à léchelle de la planète, une
augmentation de 300 000 du nombre de cancers de la peau avec mélanome bénin et de
4 500 de celui de cancers avec mélanome malin(22). Sans les dispositions du Protocole de
Montréal (voir ci-dessous la section « Mesures internationales »),
lappauvrissement de lozone aurait fait chaque année 20 millions de cas
additionnels de cancer de la peau(23).
Comme le rayonnement ultraviolet
affaiblit le système immunitaire, surtout dans les cellules cutanées, les maladies
infectieuses dont un stade implique la peau vont probablement augmenter. De plus,
lefficacité des vaccins contre les maladies infectieuses peut se trouver réduite(24).
Une exposition répétée à des niveaux
excessifs de rayonnement UV peut aussi sensibiliser les yeux à développer des
cataractes, principale cause de cécité dans le monde. On estime que
20 p. 100 des cataractes sont dues à une exposition aux UV(25). Parmi les autres effets confirmés figurent la
myopie liée à lâge et la déformation de la capsule du cristallin.
Afin de réduire les risques pour la
santé, les gens peuvent prendre un certain nombre de mesures, comme dappliquer des
écrans solaires avec un facteur de protection dau moins 15, de porter des chapeaux
et des vêtements protecteurs, de rester le plus possible à lombre, et de porter
des lunettes de soleil de bonne qualité traitées pour absorber le rayonnement
UV-B. En prenant les bonnes précautions, on peut réduire à un minimum les effets
négatifs de lappauvrissement de la couche dozone sur la santé.
2. Incidence
sur la flore terrestre
Lexposition accrue au rayonnement
ultraviolet peut avoir des effets très marqués sur les végétaux, dont elle affecte les
hormones et la croissance. Parmi les effets particuliers observés figurent :
une réduction du poids sec total, de
la teneur en éléments nutritifs et de la surface foliaire disponible pour la
photosynthèse;
une détérioration de la qualité de
certains types de tomates, de légumineuses, de choux, de pommes de terre et de betteraves
à sucre;
une baisse des taux de floraison ou de
germination;
une modification de la distribution
des éléments nutritifs dans la plante.
Alors que, pour certaines cultures,
comme le soja, une augmentation de lexposition aux UV-B entraîne une baisse de la
production, nombre dautres ne sont pas affectées, ou montrent une tolérance
élevée. Les recherches indiquent que, chez certaines plantes (p. ex. le semis
de seigle, de maïs et de tournesol), la croissance et la photosynthèse peuvent être
inhibées même sous les niveaux ambiants dUV-B(26).
Les mécanismes de protection naturels
de nombreux organismes pourraient ne pas être suffisants contre des niveaux plus élevés
de rayonnement UV. (On a des indications que certaines mauvaises herbes résistent
mieux aux UV que les cultures.) Les tests dexposition ont montré que plus de
100 espèces de plantes terrestres pourraient être sensibles aux augmentations du
rayonnement UV dues à lappauvrissement de lozone stratosphérique. Des
recherches internationales ont révélé que certaines espèces de riz sont affectées par
des accroissements même mineurs des UV-B. Des recherches menées en vue de
sélectionner et de cultiver efficacement des espèces fortes pourraient aider à
compenser certains des effets dommageables.
Étant que chaque essence darbre
ou autre espèce végétale a sa sensibilité propre aux UV, la diversité et la
répartition de ces espèces pourraient changer; il est même possible que certaines
disparaissent(27). Des études
montrent en effet que de nombreuses espèces de conifères souffrent dune
augmentation du rayonnement UV-B.
On sait par ailleurs quune
augmentation des niveaux naturels dUV-B induit des mutations dans les
micro-organismes. Cependant, avec la possibilité de mutations plus rapides, on
pourrait constater une adaptation rapide au stress causé par les UV-B. Bien que certaines
recherches indiquent quune adaptation limitée est possible, la majorité des effets
demeurent très négatifs. À léchelle planétaire, une baisse du taux de
fixation de lazote atmosphérique par les champignons exigerait, en compensation, un
recours accru aux engrais de synthèse(28).
Les composés azotés, produits en grandes quantités par les micro-organismes du sol,
semblent jouer un rôle important dans les fluctuations naturelles des niveaux
dozone(29).
3.
Incidence sur la vie aquatique
Tous les éléments de la biosphère
semblent affectés à un degré quelconque par laugmentation des UV-B. Le
phytoplancton (phyto = plante) est très sensible au rayonnement ultraviolet; il ne
dispose en effet pas des couches protectrices des organismes supérieurs et dérive à la
surface des eaux, où il peut être exposé aux UV-B. En plus dêtre la base
du réseau trophique aquatique, le phytoplancton est un important producteur
doxygène et un puits du carbone, dont on sait quil absorbe de grandes
quantités de dioxyde de carbone atmosphérique. Le phytoplancton marin produit au
moins autant de biomasse que tous les écosystèmes terrestres réunis. Des
changements dans la production de phytoplancton pourraient donc exacerber leffet de
serre.
Des scientifiques de luniversité
de Plymouth ont constaté que les cellules reproductrices des algues sont plusieurs fois
plus sensibles au rayonnement ultraviolet que les cellules à maturité. Des
recherches en laboratoire ont montré que les spores asexuées des espèces étudiées
étaient 6 fois plus sensibles aux UV-B que le plancton à maturité. Les
gamètes flottants, mode sexué de reproduction, étaient encore plus susceptibles.
Limpact écologique pourrait être maximal à certaines périodes du printemps,
pendant les épisodes de « fleurs deau », lorsque la reproduction du
plancton est la plus intense(30).
Il est difficile dévaluer ces effets sur le phytoplancton, parce quon manque
de données décrivant les niveaux dUV-B et dactivité biologique pour la
période antérieure à lappauvrissement de la couche dozone.
Le zooplancton (zoo = animal)
composé de petits organismes, comme des larves de poissons et de crustacés
est en péril, de même que les anchois, parce quils passent des périodes critiques
de leur cycle biologique près de la surface de leau, à une profondeur où les UV-B
peuvent les atteindre. Une réduction de labondance de ces organismes, situés
près de la base du réseau trophique, pourrait entraîner une réduction des populations
de poissons. Et cette situation pourrait avoir des répercussions désastreuses sur
la disponibilité de la nourriture à léchelle de la planète. Le poisson
contribue pour 18 p. 100 aux protéines animales de la planète, et pour
40 p. 100 aux protéines consommées en Asie(31). Les écosystèmes dulcicoles sont eux aussi
menacés par une intensification de lexposition aux UV-B(32).
Lon sentend assez bien sur
le fait que les augmentations des UV-B liées à lappauvrissement de lozone
peuvent avoir une large gamme deffets, directs comme indirects, sur les
écosystèmes aquatiques, surtout dans les régions polaires, où les formes de vie sont
moins adaptées à une lumière solaire intense. Les études montrent généralement
que laugmentation du rayonnement UV sous le trou dozone de lAntarctique
fait baisser de 6 à 12 p. 100 la production de plancton pendant la période
dexposition. On a fait la preuve de dommages aux niveaux des molécules, des
cellules, des populations et des communautés.
4. Incidence sur
la pollution atmosphérique
Les changements atmosphériques
découlant de laugmentation du rayonnement UV-B sont particulièrement
préoccupants. On a constaté une baisse de la qualité de lair dans la
troposphère, le niveau inférieur de latmosphère. La réactivité chimique
dans la troposphère augmente en réponse à laccroissement des UV-B, ce qui fait
monter les niveaux de pollution atmosphérique. Les UV-B stimulent la formation de
molécules qui réagissent rapidement avec dautres substances pour en créer de
nouvelles. Par exemple, il se forme des radicaux hydroxyle, qui contribuent à la
production dozone troposphérique, daérosols et dautres polluants
dangereux. Dans les régions urbaines, une réduction de 10 p. 100 de la
couche dozone induira probablement une augmentation de 10 à 25 p. 100 de
lozone troposphérique. Le smog exposé au rayonnement contribue à
lapparition de substances organiques(33)
oxydées, comme les formaldéhydes. Ces molécules ont tendance à produire des
radicaux hydrogène réactifs, qui contribuent à la formation de peroxyde
dhydrogène. Le peroxyde dhydrogène est la principale substance qui
oxyde le dioxyde de soufre en acide sulfurique dans leau des nuages, ce qui lui
confère un rôle important dans la formation des pluies acides(34).
ÉTENDUE DES DOMMAGES
Chaque année, lappauvrissement
printanier de lozone sur lAntarctique est plus marqué (figure 3), et les
moyennes annuelles plus basses que la normale. Le trou dozone de 2000 a été
le plus vaste jamais constaté en Antarctique, sest formé deux semaines plus tôt
quà lhabitude et sest étendu au-delà du vortex polaire(35).
Figure 3(36)
Dans lArctique,
lappauvrissement de lozone est survenu de façon moins brutale que dans
lAntarctique. Le vortex polaire arctique se dissipe habituellement à la fin
de lhiver, avant le retour de la lumière solaire. Les épisodes
dappauvrissement significatif de lozone y deviennent cependant plus
fréquents. De nombreux projets internationaux, faisant intervenir des satellites,
des aéronefs volant à haute altitude, des ballons et des stations au sol, aident à
améliorer la compréhension des processus qui régissent la production,
lappauvrissement et la distribution de lozone. On a recours à diverses
techniques pour détecter et mesurer les facteurs en jeu. Le satellite de recherche
sur la haute atmosphère (Upper Atmosphere Research Satellite, ou UARS) de la NASA a été
lancé en septembre 1991. Il a été configuré pour mesurer les concentrations de
substances destructrices de lozone, ainsi que les taux dozone, à diverses
altitudes. Linstrument américain TOMS (pour Total Ozone Mapping Spectrometer,
ou spectromètre imageur de lozone total), embarqué sur satellite, est utilisé
pour déduire les niveaux de lozone du rayonnement solaire rétrodiffusé dans le
spectre UV.
LExpérience de surveillance de
lozone (Global Ozone Monitoring Experiment, ou GOME), dont léquipement a
été lancé en avril 1995 sur la plate-forme européenne ERS-2, a marqué le début
dun programme de surveillance à long terme de lozone. Les scientifiques
reçoivent ainsi des données de grande qualité sur la distribution planétaire de
lozone et de plusieurs gaz traces influant sur le climat et présents dans
latmosphère de la Terre. GODIVA (Global Ozone Data Interpretation, Validation
and Application, ou Interprétation, validation et application des données mondiales sur
lozone) est un volet de GOME, et contribue aussi à dautres expériences comme
la campagne THESEO 2000 (pour Third European Stratospheric Experiment on Ozone 2000,
ou troisième expérience stratosphérique européenne sur lozone) et le volet
Expérience sur la perte dozone et la validation (Ozone Loss and Validation
Experiment) de SAGE III (SOLVE), qui ont été menés conjointement. À ces
expériences ont participé plus de 350 chercheurs venus des États-Unis,
dEurope, de Russie, du Japon et du Canada. Les résultats de ces projets
confortent la théorie que le rétablissement de la couche dozone pourrait être
retardé, en raison dun renforcement du vortex polaire et dun refroidissement
de la stratosphère.
Environnement Canada participe à
diverses expériences liées à la chimie de lozone, comme lInitiative pour
latmosphère moyenne, dans un but de modélisation, dassimilation des données
et de surveillance de cette région de latmosphère(37). Un satellite canadien (SCISAT-1) de
lExpérience sur la chimie de latmosphère devrait être lancé en 2002 pour
étudier lappauvrissement de lozone à léchelle planétaire(38).
Lanalyse des données
satellitaires révèle que la perte dozone dans lhémisphère Nord se produit
maintenant plus rapidement quon ne lavait prévu. Bien que les pertes
dozone dans lArctique naient encore jamais été comparables à celles
de lAntarctique, elles y ont considérablement augmenté au cours des années
1990. Des pertes isolées proches de 45 p. 100 portent à
sinquiéter, la population humaine étant plus nombreuse dans cette région
quau pôle Sud(39).
On sattend à ce que, aux deux
pôles, la perte dozone continue daugmenter au cours des prochaines décennies
avant que la couche dozone se rétablisse. Il a été récemment découvert
que les gaz à effet de serre entraînent un refroidissement plus prononcé de la haute
atmosphère(40). Les modèles
informatiques prédisent que, du fait des changements des températures et des vents
induits par les émissions de gaz à effet de serre, il se formerait au-dessus de
lArctique un vortex plus intense et de plus longue durée.
SUBSTANCES DESTRUCTRICES DE LOZONE
A. Agents
Lorsquon a commencé à se
préoccuper de la couche dozone, dans les années 1970, lattention sest
dabord portée sur des aéronefs avancés, que lon soupçonnait dêtre
à lorigine du problème, puis est passée aux plus prosaïques contenants
aérosols. Les substances chimiques industrielles connues sous le nom du groupe des
CFC (chlorofluorocarbures) étaient alors utilisées comme agent propulseur. Des
milliers de tonnes de CFC étaient libérées directement dans la basse atmosphère,
doù ils commençaient à sélever graduellement pour aller détruire
lozone stratosphérique. Depuis lors, la liste des substances dont on sait
quelles attaquent lozone stratosphérique sest considérablement
allongée.
On mène encore des recherches sur
lincidence des aéronefs pour ce qui est de lappauvrissement de la couche
dozone(41). Des études ont
montré quil faudrait améliorer lefficacité et les stratégies de gestion
pour réduire limpact de laviation sur la couche dozone(42). Des mesures en vol des émissions des avions
supersoniques ont grandement contribué à améliorer la fiabilité des études sur les
effets de cette forme de transport sur lozone stratosphérique(43). Il convient de sinquiéter des
émissions de composés azotés (NO et NO2) par les avions
supersoniques, étant donné la haute altitude des vols et laccroissement
inéluctable de la flotte aérienne.
Les CFC, et les autres agents
destructeurs de lozone, sont omniprésents dans presque toutes les sociétés.
Ils sont utilisés dans une large gamme de produits que lon nassocie
généralement pas à des substances appauvrissant la couche dozone. Étant
donné la multitude de matières en jeu, on a adopté la notion de « potentiel de
destruction de lozone » (PDO) pour déterminer le potentiel qua une
substance de détruire lozone, sur une base de masse par kilogramme, le PDO de
référence de 1 étant attribué au trichlorofluorométhane, appelé CFC-11 dans le
système de classification conventionnel. Le PDO est fonction de divers facteurs,
comme la durée de vie atmosphérique de la substance, son poids moléculaire, sa
capacité de dissociation photolytique, et dautres dont on sait quils donnent
une estimation précise du potentiel relatif de destruction de lozone.
Le tableau en annexe donne la liste de
nombreux agents dappauvrissement de lozone, avec leurs PDO, ainsi que de
certains produits de remplacement des CFC. Les hydrochlorofluorocarbures (HCFC), qui
remplacent actuellement les CFC, ont un bas PDO; les hydrofluorocarbures (HFC) ont un PDO
de zéro et ne sont donc pas énumérés. Les recherches se poursuivant, des PDO
sont mis à jour à loccasion. Certaines durées de vie sont encore en train
dêtre mesurées. Le PNUE évalue les progrès réalisés par un pays pour
atteindre les objectifs en mesurant la production de groupes de substances appauvrissant
la couche dozone en tonnes de PDO (tonnes métriques multipliées par le PDO).
Quantitativement, ce sont les CFC qui
ont été les principaux agents destructeurs de lozone. Étant donné
quils sont stables, non toxiques, ininflammables et à lépreuve de la
corrosion, on les a utilisés comme réfrigérants, propulseurs daérosols, solvants
et agents de gonflement des mousses. Des technologies de remplacement ont été
développées pour nombre de ces applications, et le défi est maintenant de faire en
sorte que les grandes quantités de CFC qui ont été utilisées en réfrigération et en
climatisation soient régénérées, au lieu de les laisser séchapper dans
latmosphère.
Lautre grand groupe de
destructeurs de lozone est celui des halons, qui sont de composition similaire à
celle des CFC, mais contiennent du brome. On utilise encore des halons dans la lutte
contre les incendies pour de nombreuses raisons : ils sont peu toxiques, ne nuisent
pas à la visibilité pendant lutilisation, laissent peu de résidus corrosifs ou
abrasifs, et ont une excellente efficacité (mesurée selon le poids utilisé). Bien
que la production de halons dans les pays industrialisés ait largement diminué depuis
1994, les concentrations stratosphériques de ces puissants destructeurs dozone
continuent daugmenter, du fait de leurs longues durées de vie atmosphériques et du
temps requis pour le mélange atmosphérique. Dans les pays en développement,
aucune restriction ne sapplique aux halons jusquà janvier 2002. Les
halons ont un potentiel de destruction de lozone extrêmement élevé (trois à dix
fois plus grand que celui des CFC), et lusage auquel on les destine entraîne leur
rejet direct dans latmosphère. Les autres agents comme le
tétrachlorure de carbone, le méthyle chloroforme et le bromure de méthyle ont
été utilisés à diverses fins, par exemple comme matière de base pour la production de
CFC, dans des pesticides et dans des solvants de nettoyage à sec.
En 1997, la charge globale
dhalocarbures dans la stratosphère ou équivalent chlore effectif (EClE)
a commencé à baisser, surtout en raison de lélimination graduelle du
trichloroéthane, un solvant de nettoyage. Comme il a une durée de vie relativement
courte (4,8 ans), il est maintenant très peu présent dans la stratosphère.
Sans ce facteur, lEClC continuerait de monter; il pourrait cependant ne pas baisser
beaucoup plus, à moins que les émissions de substances appauvrissant la couche
dozone (SACO) puissantes et de longue durée de vie ne baissent davantage dici
2010. La substance chimique qui contribue actuellement le plus à lEClE dans
latmosphère est le halon-1211. Son abondance dans la stratosphère est
restée relativement constante, malgré les limites imposées à sa production dans les
pays développés(44).
B. Innovation
La nécessité de réduire
lutilisation de substances appauvrissant la couche dozone sest traduite
par de nombreuses innovations technologiques et par lutilisation de substances de
remplacement pour chaque application. Parmi les innovations dignes de mention
figurent de nouveaux propulseurs, solvants, agents moussants, agents extincteurs et
techniques de lutte antiparasitaire(45).
Cet urgent besoin de changement a également imposé de faire progresser les technologies
de récupération et de recyclage. Les changements les plus importants et les plus
difficiles sont survenus dans le domaine de la réfrigération et de la
climatisation. La plupart des recherches ont donc visé à trouver des substituts
pour les CFC en tant que réfrigérants.
Lutilisation des CFC a été
grandement réduite dans les pays industrialisés. De nombreux substituts faisaient
appel à des HCFC et, jusquà un certain point, à des HFC. Cest en 1991
quon a pour la première fois utilisé le HFC-134 dans les climatiseurs
dautomobiles, et cet usage sest rapidement répandu. Lun des
problèmes des HCFC et des HFC est quils ont une efficacité énergétique
inférieure à celle des CFC. DuPont, plus important producteur de CFC du monde, a
cessé den fabriquer en 1993, cinq ans plus tôt que prévu au départ, et fabrique
maintenant des HCFC et des HFC. Les HCFC sont de très puissants gaz à effet de
serre et, aux termes damendements au Protocole de Montréal, ils doivent être
éliminés graduellement dici 2030 dans les pays développés. Certains HFC
ont aussi un fort potentiel de réchauffement du globe et de longues durées de vie
atmosphérique.
Un progrès intéressant dans la
solution du problème des réfrigérants est la mise au point du réfrigérateur
thermo-acoustique, qui na pas de pièces mobiles et utilise des gaz sans danger pour
lenvironnement. Bien quil soit basé sur un principe simple, sa
conception est en fait complexe. Un haut-parleur à lextrémité dun
tube rempli de gaz produit un son qui y résonne, générant une onde stationnaire(46), qui transmet la chaleur vers le
ventre de londe(47)(48). Comme cette vibration est
contrôlée avec précision, les réfrigérateurs thermo-acoustiques seront moins bruyants
que les modèles classiques. Une récente démonstration au Los Alamos National
Laboratory a montré que lon pouvait simplifier les choses en éliminant
léchangeur thermique froid et en refroidissant à la place le gaz à action
thermo-acoustique(49).
Autre invention intéressante : le
réfrigérateur magnétique, mis au point par lAstronautics Corporation of America
dans le cadre dun contrat avec le département de lÉnergie des
États-Unis. Il a une efficacité énergétique comparable à celle des appareils
classiques. Bien que le coût de laimant au gadolinium soit un obstacle
important à son utilisation généralisée, il sera probablement mis en marché dans un
avenir proche pour les grandes entreprises commerciales(50).
Parmi les autres solutions figurent des
appareils avec une plus petite quantité mais une plus grande superficie de couverture du
refroidissant. Une technique peu coûteuse mais fort utile pour les applications
dans le désert a récemment valu à Mohammed Bah Abba, du Nigéria, le prix Rolex à
lesprit dentreprise. Le système, basé sur les propriétés
refroidissantes de lévaporation, utilise du sable humide entre deux pots
dargile(51). Le rayonnement
ionisant est aussi une technique de remplacement pour la conservation des denrées
alimentaires(52).
Lammoniac est couramment utilisé
comme réfrigérant dans lindustrie, pour les installations dentreposage au
froid et dans le secteur pétrochimique, entre autres. Les inconvénients de ce
réfrigérant sont sa corrosivité et son inflammabilité à certaines concentrations dans
lair. Des rejets accidentels, exacerbés par la pressurisation de ce système
de réfrigération, ont entraîné des blessures et des décès consécutifs à
linhalation des vapeurs, ainsi que des cas de contamination de leau(53). Pour ce qui est de la couche
dozone, lammoniac entrerait dans des composés stables avant datteindre
la stratosphère.
Pour remplacer les CFC dans la
production de mousses, dont les utilisations vont de lisolation à la confection de
tasses, on a par exemple réduit la quantité de propulseur requis et remplacé les CFC
par des HCFC, moins dommageables. Après de nombreuses années de recherches,
lentreprise The Lily Cup Inc., de Toronto, a mis au point une technique novatrice
qui utilise comme agent moussant de loxygène et du dioxyde de carbone recyclé(54).
Des changements ont été apportés
même dans le secteur des soins de santé. Par exemple, les hôpitaux ont réduit
leur consommation de CFC comme agents stérilisants. Le Canada est en train
déliminer graduellement, dici 2005, les CFC utilisés comme propulseurs dans
les inhalateurs-doseurs. Lutilisation du premier inhalateur-doseur sans CFC a
été approuvée en août 1997. Dans ce produit, le CFC propulseur a été remplacé
par un hydrofluoroalcane (HFA), qui ne cause pas dappauvrissement de
lozone. La sécurité des HFA dans les utilisations médicales a été
démontrée par des tests très poussés. Lutilisation de
linhalateur-doseur sans CFC a maintenant été approuvée dans plus de 35 pays(55).
Lindustrie de lélectronique
était un des principaux utilisateurs de solvants à base de CFC. Pour la plupart
des applications, on a mis au point de nouveaux solvants sans CFC. En 1991, Northern
Telecom a élaboré et mis en uvre une technologie de remplacement pour souder les
cartes de circuits électroniques sans devoir au préalable utiliser de solvants(56). Lentreprise a co-fondé
la Coopérative industrielle pour la protection de la couche dozone (maintenant
devenue lInternational Co-operative for Environmental Leadership), qui met en commun
les nouvelles technologies. Cette découverte a valu à Northern Telecom
lAppropriate Technology Award du Financial Post en 1993(57). De nombreux fabricants de matériel
électronique ont maintenant cessé dutiliser des CFC.
Le traitement thermique,
lutilisation de la terre de diatomées ou lutilisation dorganismes
vivants dans la lutte antiparasitaire permettent de remplacer le bromure de méthyle pour
la fumigation des fruits et légumes et des cultures. La compagnie canadienne
Knowzone Solutions Inc. a récemment acquis les droits de la technologie Bromosorb®
pour le piégeage du bromure de méthyle après la fumigation.
La société Sécuriplex, du Canada, a
mis au point plusieurs substituts des halons dans la lutte contre lincendie,
produits qui éteignent rapidement les feux sans endommager les équipements.
MESURES VISANT LA RÉDUCTION DES AGENTS DESTRUCTEURS
A. Mesures internationales
La communauté internationale a relevé
le défi de mettre fin à la destruction de la couche dozone stratosphérique.
Cest là lune des principales raisons de la rapidité du développement
technologique de substituts des CFC. Le Canada, qui participe très activement aux
discussions internationales, a été parmi les premiers à agir. En mars 1980, il a
interdit lutilisation des CFC dans la plupart des aérosols courants, comme les
laques à cheveux, les désodorisants et les antisudorifiques.
En 1985, la Convention de Vienne pour la
protection de la couche dozone demandait des mesures volontaires pour réduire les
émissions de substances destructrices de lozone(58). Le Canada a été le premier État à ratifier
la Convention de Vienne, en juin 1986. Des mesures plus globales ont été
acceptées depuis cette première importante entente internationale.
Donnant une démonstration sans
précédent de coopération mondiale, des États du monde entier se sont engagés à
prendre des mesures strictes pour protéger la couche dozone. En septembre
1987, ils ont adopté le Protocole de Montréal, qui comportait un calendrier de
réduction et, à terme, délimination de la production de CFC et de halons.
Le Protocole de Montréal, qui est entré en vigueur le 1er janvier 1989,
fonctionne avec un système de barrières commerciales régissant lapprovisionnement
en SACO, tout en permettant le transfert entre les Parties dexemptions pour
utilisations essentielles. Lapplication des clauses du Protocole de Montréal
a permis de faire plafonner labondance des substances chlorées dans la
stratosphère.
Des amendements au Protocole ont :
accéléré le calendrier de
lélimination progressive des composés chimiques détruisant lozone dans la
stratosphère;
ajouté de nouvelles SACO à la liste;
modifié les exigences concernant les
exemptions pour utilisations essentielles.
Dès même la signature du Protocole de
Montréal, on était conscient quil devrait être assorti de contrôles plus
stricts, qui ont été adoptés à la conférence de Londres, en 1990. La liste des
substances régies par le Protocole sest allongée de dix, dont le méthyle
chloroforme et le tétrachlorure de carbone. Les dates délimination ont été
fixées à 2000 et 2010 respectivement pour les pays industrialisés et les pays en
développement. De nombreuses Parties à cette conférence se sont engagées à
éliminer les CFC au plus tard en 1997, soit trois ans avant léchéance
internationale. Lamendement incluait la création dun fonds destiné à
aider les pays en développement visés par larticle 5 du Protocole. Le
Fonds multilatéral a ainsi pu aider les pays en développement à passer à des
substances et technologies moins nocives pour lozone, en leur fournissant une
assistance financière, de la formation et des informations technologiques. Les
organismes internationaux responsables de la mise en uvre du Fonds multilatéral
sont :
le Programme des Nations Unies pour
lenvironnement (PNUE);
le Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD);
lOrganisation des Nations Unies
pour le développement industriel (ONUDI);
la Banque mondiale.
Lamendement de Copenhague de 1992
a resserré le calendrier, de sorte que les pays industrialisés devaient avoir éliminé
les CFC, le tétrachlorure de carbone et le méthyle chloroforme en 1996, et les halons en
1994. Le bromure de méthyle et les hydrobromofluorocarbures (HBFC), ainsi que les
hydrochlorofluorocarbures (HCFC), ont également été ajoutés à la liste des substances
qui devaient être éliminées, respectivement, en 1996 et 2030. Cet amendement
renforçait aussi les contrôles commerciaux et les procédures applicables en cas de
non-conformité.
Les ajustements de Vienne de 1995 ont
gelé la production et la consommation de bromure de méthyle aux niveaux de 1995-1998 et
prévoyaient de geler les niveaux de consommation des HCFC en 2016.
Lamendement de Montréal,
élaboré en 1997, a fait passer les échéances délimination du bromure de
méthyle à 2005 et 2015, respectivement, pour les pays industrialisés et les pays en
développement. Un nouveau système de permis faisant intervenir léchange
régulier dinformation entre les Parties a été mis au point pour faire cesser le
commerce illégal des SACO.
Les initiatives de lamendement de
Beijing de décembre 1999, que le Canada a été lun des premiers pays à accepter,
doivent encore être ratifiées par les 20 pays requis pour quil puisse entrer
en vigueur. Lamendement inclut de nouvelles limites à la production de HCFC,
gelant la production aux niveaux de 1989 en 2004 en vue dune élimination en 2030
pour les pays industrialisés, et dun gel aux niveaux de 2015 en 2016 pour les pays
en développement(59). Le nouvel
amendement interdit aussi à partir de 2004 le commerce des HCFC avec les pays qui
nont pas encore ratifié lamendement de Copenhague de 1992.
Lélimination dune SACO récemment mise au point, le bromochlorométhane, doit
être réalisée par tous les pays en 2002. En même temps, le comité exécutif du
Fonds multilatéral a décidé daugmenter laide accordée à lInde et à
la Chine pour réduire leur production au cours des 10 prochaines années. Ces
pays ont en effet de la difficulté à atteindre leurs objectifs de réduction(60).
Les importations de CFC et halons
nouvellement produits par les pays industrialisés ont en grande partie été interdites,
de même que les importations et exportations dautres SACO puissantes. Les
substances destructrices de lozone existantes sont réutilisées et recyclées
chaque fois que cest possible. Larticle 5 du Protocole accorde un
délai de grâce aux pays en développement dans la mesure où leurs utilisations de SACO
naugmentent pas de façon significative. Ces Parties ont maintenu leur
production de CFC aux niveaux de référence de 1995-1997, et entreprennent de réduire
lutilisation de ces substances de 50 p. 100 dici 2005.
Des pays dEurope de lEst et
de grands pays dAsie comme la Russie, la Chine et lInde ont de
la difficulté à passer aux technologies de réfrigération avancées. Grâce à la
collaboration, les changements essentiels sont en train de se faire juste au moment où
ces importantes populations commencent à profiter pleinement de ces technologies
utiles. À lheure actuelle, la Chine est le plus gros producteur de CFC et de
halons de la planète. Le Fonds pour lenvironnement mondial, par
lentremise du PNUD, a aidé à éliminer graduellement les installations de
production de CFC de la Russie et à moderniser la fabrication des appareils en Chine(61) et en Inde; ces deux pays commencent
à produire des réfrigérateurs qui utilisent des hydrofluorocarbures et de
lisobutane(62).
En 1997, on estimait à
235 milliards de dollars US les coûts totaux des mesures prises pour protéger la
couche dozone. Cependant, les effets nocifs sur les pêches,
lagriculture et les matériaux que lon a ainsi évités sont à eux seuls
estimés au double de ce montant(63).
B.
Initiatives du gouvernement fédéral
Le Canada a modifié le Règlement
sur les substances appauvrissant la couche dozone (SACO), 1998, pris en
application de la Loi canadienne sur la protection de lenvironnement, à
compter de janvier 2001, pour tenir compte des amendements au Protocole de Montréal,
améliorer la réglementation des SACO et régler des problèmes administratifs.
Le règlement fédéral interdit la
production et limportation de CFC et de halons dans la plupart des cas, et fixe des
balises strictes aux exportations. Lactuel règlement fédéral interdit
limportation et lexportation de halons récupérés, sauf aux termes dun
permis.
Les restrictions visant le remplissage
de léquipement encouragent la conversion à des solutions de remplacement. La
transition est facilitée par limposition dune baisse de
lapprovisionnement, qui fait que le coût des CFC augmente régulièrement alors que
celui de ses substituts baisse. La figure ci-dessous présente les réductions de la
consommation de SACO au Canada.
Figure 4(64)
CONSOMMATION CANADIENNE DE SACO (en kilotonnes)
* toutes les quantités sont pondérées en
fonction du PDO
En 1996, les fabricants ont commencé à
utiliser des réfrigérants de remplacement pour le nouvel équipement. Cependant,
un grand nombre dappareils contenant des CFC sont restés sur le marché
jusquà récemment. Ces appareils ont une longue durée de vie utile (environ
13 à 15 ans). Le stock de CFC devrait être disponible pour lentretien
des appareils ménagers jusquen 2020.
La production de tétrachlorure de
carbone, de méthyle chloroforme et de bromure de méthyle a été arrêtée graduellement
dans les pays industrialisés et, au Canada, il ne reste pas de surplus important à
gérer.
À lheure actuelle, le Canada a
une seule installation dincinération permanente approuvée pour lélimination
des SACO, située à Swan Hills, en Alberta. Comme elle a une capacité limitée, le
Canada peut permettre que des SACO soient exportées à létranger pour y être
détruites dans une installation appropriée. Des installations capables de
détruire les SACO sont présentement en service en Australie, en Suède, en Allemagne, au
Japon, au Royaume-Uni, en Russie et aux États-Unis.
Pour que les Canadiens puissent prendre
les précautions voulues contre des niveaux accrus dUV-B, Environnement Canada a
annoncé un service davis peu après que la NASA a confirmé quil y avait une
forte possibilité que la couche dozone soit substantiellement appauvrie au-dessus
dune grande partie du Canada. Ce service a débuté le 13 mars 1992, beaucoup
plus tôt que prévu au départ, et fournit des informations quotidiennes sur les
manières déviter lexposition au soleil dans un contexte de hausse des
niveaux dUV-B; le Canada est ainsi le premier pays à émettre pour lensemble
de son territoire des prévisions quotidiennes du rayonnement UV solaire.
LIndice UV a été imité dans le monde entier, ce qui permet aux populations de
limiter leur exposition lorsque le rayonnement nocif est le plus intense(65).
Un réseau national de stations de
surveillance assure une veille continue de la couche dozone au-dessus du Canada
depuis plus de 30 ans. Lexistence de ces premiers enregistrements, avant
quil y ait eu une quelconque influence majeure de lhomme sur la haute
atmosphère, est essentielle pour comprendre les changements survenus. Le Centre
mondial des données sur lozone et les UV (WOUDC) est un des six centres mondiaux de
données reconnus qui font partie du programme Veille de latmosphère du globe
(VAG), qui relève lui-même de lOrganisation météorologique mondiale (OMM).
Le WOUDC, exploité par la Division des études expérimentales du Service
météorologique du Canada(66), est
situé à Toronto.
C. Mesures fédérales-provinciales
Les ententes internationales se sont
traduites en objectifs nationaux. Au Canada, le gouvernement fédéral a travaillé
en étroite coopération avec les provinces pour mettre en uvre les changements
nécessaires. Lindustrie aussi sy est impliquée de plus en plus.
En avril 1989, le Conseil canadien des ministres de lenvironnement (CCME) a chargé
le Comité consultatif fédéral-provincial (CCFP) de la Loi canadienne sur la
protection de lenvironnement de coordonner le développement de mesures de
limitation pour tous les territoires de compétence. Le CCME a montré le chemin, en
organisant la participation des divers ordres de gouvernement à la réduction, à la
récupération et au recyclage des CFC. Le 21 août 1990, le CCME a créé un
groupe de travail chargé délaborer un Plan daction national pour la
récupération, le recyclage et la régénération des chlorofluorocarbures.
En 1992, le CCME acceptait et publiait
le Plan daction national. La rapidité avec laquelle un plan si vaste a été
élaboré témoigne du degré de coopération entre les divers gouvernements devant cet
important problème environnemental. Le plan définissait six tâches principales,
qui ont été exécutées ou sont encore en cours :
imposer au moyen de règlements
provinciaux la récupération, le recyclage et la régénération des CFC et des
HCFC de toutes les utilisations de réfrigération et de climatisation, y compris une
interdiction de rejeter délibérément des CFC et des HCFC dans latmosphère;
élaborer, en collaboration avec les
associations industrielles, des programmes de formation en récupération et en recyclage
pour le secteur de lentretien; la formation devait inclure le code de pratiques
fédéral pour la réduction des émissions de CFC, ainsi quune formation pratique
liée à léquipement;
caractériser le stock actuel de CFC
au Canada, car cette connaissance est nécessaire pour mesurer lefficacité des
activités de récupération/recyclage et planifier des scénarios de destruction finale;
élaborer, avec la participation des
associations industrielles et de normalisation, des normes appropriées de qualité des
réfrigérants recyclés et de performance de léquipement de récupération;
faire en sorte que le grand public
soit informé du problème et de ses solutions, puisque sa réaction et sa participation
sont partie intégrante de la solution;
réviser les normes
dachat/acquisition du gouvernement, y compris les contrats de service, pour assurer
la récupération et le recyclage des CFC, des HCFC et des halons.
Le plus récentPlan
daction national pour le contrôle environnemental des substances appauvrissant la
couche dozone et leurs halocarbures de remplacement (PAN), publié en
1998 par le Conseil canadien des ministres de lenvironnement, vise à continuer de
réduire les émissions de substances destructrices de lozone.
En 1998, le PAN formulait les objectifs
suivants :
améliorer la gestion environnementale
de toutes les SACO et des halocarbures de remplacement et réduire leurs émissions au
cours de linstallation, du fonctionnement, de lentretien, de la mise au rebut
et du déclassement des systèmes et des appareils;
offrir de la cohérence à
lindustrie et réduire au minimum les répercussions sur dautres questions
environnementales;
satisfaire à ces besoins nouveaux en
révisant les tâches originales, notamment en recourant aux mesures suivantes :
le maintien des tâches originales
selon les besoins;
lélargissement de certaines
tâches originales afin dy inclure les halocarbures de remplacement;
des nouvelles tâches qui tiennent
compte du « Code de pratiques environnementales visant lélimination des
émissions de chlorofluorocarbures des systèmes de réfrigération et de conditionnement
dair » révisé et favorisent la récupération des frigorigènes;
des nouvelles tâches qui tiennent
compte du « Code de pratiques sur les halons »;
des nouvelles tâches visant
dautres secteurs industriels afin de réduire les émissions de
chlorofluorocarbures;
des nouvelles tâches afin de fournir
la documentation de base nécessaire à lévaluation de mesures à venir.
Les gouvernements de toutes les
provinces et celui dun territoire ont mis en place des règlements visant le rejet
de SACO, et en imposant la récupération et le recyclage(67).
D. Mesures qui
restent à prendre
Lors de la plus récente réunion des
Parties, à Beijing, le Secrétaire exécutif du Secrétariat de lozone, K. Madhava
Sarma, a fait remarquer que la consommation et la production de SACO avaient baissé de
près de 90 p. 100, mais quil reste des obstacles à surmonter. Il
sagissait dune croissance des émissions due :
aux exemptions;
à laccroissement du
réchauffement planétaire qui pourrait retarder le rétablissement de la couche
dozone;
à larrivée sur le marché de
nouvelles substances destructrices de lozone;
à la lenteur de la ratification des
amendements du Protocole, illustrée à la figure 5(68).
Figure 5
Comme il a déjà été mentionné, les
HCFC les substituts actuels des CFC devront être éliminés dans les
prochaines décennies en raison de leur fort potentiel de réchauffement du globe, de
sorte quil faudra leur trouver, à eux aussi, des substituts.
Il demeure dimportants stocks
déquipements et de matériels contenant des CFC. Lélimination
progressive se poursuit dans les pays industrialisés, qui ont utilisé des CFC depuis
leur invention, il y a plus de 50 ans. Si lon ne parvient pas à
éliminer les SACO dans les économies montantes dAsie, en particulier, le Protocole
ne donnera pas les résultats escomptés.
Une grande partie des mousses et
matériaux disolation contenant des CFC sont dans des décharges, et la libération
de ces SACO reste incertaine. En outre, il y a dans le monde un milliard
dappareils de réfrigération et de climatisation, dont un grand nombre sont mal
entretenus et présentent des fuites de CFC, et qui sont simplement mis en décharge à la
fin de leur vie utile. Ces énormes quantités de CFC finiront sans doute par se
retrouver dans latmosphère.
En raison de la diminution de la
production et de lutilisation de CFC dans les pays industrialisés et de la
poursuite de la production dans les pays en développement jusquen 2010, il
sest installé une lucrative contrebande internationale de CFC(69). Létendue de ce commerce illicite est
estimée à 10 p. 100 du commerce légal(70). Au cours des réunions, on a insisté auprès
des Parties au Protocole de Montréal pour quelles mettent en place des programmes
doctroi de permis et imposent de lourdes sanctions aux contrebandiers.
Cest aux États-Unis que ce marché noir des SACO est actuellement le plus important(71). Pour lutter contre ce
problème, les pays consultés ont suggéré les mesures suivantes :
rédaction dune loi;
coordination des travaux des
organismes;
mise en place dun système
doctroi de permis;
formation des procureurs, des agents
dinvestigation et des agents des douanes(72).
Il a récemment été découvert que,
bien que les « gaz à effet de serre » réchauffent latmosphère à
proximité de la surface de la Terre, ils induisent aussi un refroidissement de la
stratosphère qui en modifie léquilibre radiatif et, donc, renforce le vortex
polaire de lArctique(73). Il
faut savoir que le réchauffement planétaire est lié à lappauvrissement de
lozone dans la stratosphère. En février 1999, Hartmut Grassl, directeur du
Programme mondial de recherches sur le climat des Nations Unies, a fait de la haute
atmosphère sa toute première priorité, pour donner suite aux préoccupations découlant
du fait que lon ne connaît pas assez les changements subis par la haute atmosphère
au-dessus des régions polaires habitées de lhémisphère Nord(74).
RÉSUMÉ ET CONCLUSION
La vie sur Terre reste un équilibre
délicat entre nombre déléments différents. Lutilisation de
substances destructrices de lozone a mis en péril ce qui constitue lécran
solaire de la Terre. Les effets nocifs de laugmentation du rayonnement UV-B
sont en train dempirer. Maintenant que les recherches ont confirmé le lien entre le
changement climatique et lappauvrissement de la couche dozone,
léchéance de son rétablissement a dû être repoussée(75).
La communauté internationale a fait
preuve dune coopération jamais vue auparavant pour faire face à cette
situation. La réduction, le recyclage et le remplacement des SACO
progressent. À ce jour, les pays industrialisés en ont réduit la production et la
consommation de 85 p. 100(76).
De nouvelles technologies sont mises au point pour quon puisse éliminer les agents
destructeurs de lozone. Bien que la concentration de chlore dans la
stratosphère soit à la baisse et que laugmentation des halons ralentisse,
plusieurs modèles montrent maintenant que le pic de lappauvrissement de
lozone devrait survenir aux alentours de 2020, et non de 2000, comme le suggéraient
les estimations précédentes(77).
Sans cet effort international pour limiter labondance des substances destructrices
dozone dans latmosphère, la situation serait bien pire, et se serait
poursuivie pendant de nombreuses décennies de plus.
Si les engagements internationaux sont
honorés, la couche dozone devrait revenir aux niveaux davant 1980 au cours de
la seconde moitié de ce siècle(78).
Maintenant que lon connaît mieux la complexité et les interrelations de la chimie
et de la mécanique de lozone dans la haute atmosphère, il est essentiel que la
communauté planétaire respecte pleinement les dispositions du Protocole de Montréal et
les efforts de limitation des émissions de gaz à effet de serre pour que lon
puisse espérer rétablir léquilibre naturel de la production et de la destruction
de lozone dans la haute atmosphère.
ANNEXE
Substances destructrices de lozone
Nom chimique |
Durée de vie,
en années |
PDO |
CFC-11 (CCl3F)
Trichlorofluorométhane |
45 |
1,0 |
CFC-12 (CCl2F2)
Dichlorodifluorométhane |
100 |
1,0 |
CFC-113 (C2F3Cl3)
1,1,2-Trichlorotrifluoroéthane |
85 |
0,8 |
CFC-114 (C2F4Cl2)
Dichlorotétrafluoroéthane |
300 |
1,0 |
CFC-115 (C2F5Cl)
Monochloropentafluoroéthane |
1700 |
0,6 |
Halon 1211 (CF2ClBr)
Bromochlorodifluorométhane |
11 |
3,0 |
Halon 1301 (CF3Br)
Bromotrifluorométhane |
65 |
10,0 |
Halon 2402 (C2F4Br2)
Dibromotétrafluoroéthane |
|
6,0 |
CFC-13 (CF3Cl)
Chlorotrifluorométhane |
640 |
1,0 |
CFC-111 (C2FCl5)
Pentachlorofluoroéthane |
|
1,0 |
CFC-112 (C2F2Cl4)
Tétrachlorodifluoroéthane |
|
1,0 |
CFC-111 (C3FCl7)
Heptachlorofluoropropane |
|
1,0 |
CFC-112 (C3F2Cl6)
Hexachlorodifluoropropane |
|
1,0 |
CFC-113 (C3F3Cl5)
Pentachlorotrifluoropropane |
|
1,0 |
CFC-114 (C3F4Cl4)
Tétrachlorotétrafluoropropane |
|
1,0 |
CFC-115 (C3F5Cl3)
Trichloropentafluoropropane |
|
1,0 |
CFC-116 (C3F6Cl2)
Dichlorohexafluoropropane |
|
1,0 |
CFC-117 (C3F7Cl)
Chloroheptafluoropropane |
|
1,0 |
CCl4 Tétrachlorure de
carbone |
35 |
1,1 |
Méthyle chloroforme
(C2H3Cl3)
1,1,1-trichloroéthane |
4,8 |
0,1 |
Bromure de méthyle
(CH3Br) |
0,7 |
|
CHFBr2 |
|
1,0 |
HBFC-12B1 (CHF2Br) |
|
0,74 |
CH2FBr |
|
0,73 |
C2HFBr4 |
|
0,3 0,8 |
C2HF2Br3 |
|
0,5 1,8 |
C2HF3Br2 |
|
0,4 1,6 |
C2HF4Br |
|
0,7 1,2 |
C2H2FBr3 |
|
0,1 1,1 |
C2H2F2Br2 |
|
0,2 1,5 |
C2H2F3Br |
|
0,7 1,6 |
C2H3FBr2 |
|
0,1 1,7 |
C2H3F2Br |
|
0,2 1,1 |
C2H4Br |
|
0,07 0,1 |
C3HFBr6 |
|
0,3 1,5 |
C3HF2Br5 |
|
0,2 1,9 |
C3HF3Br4 |
|
0,3 1,8 |
C3HF4Br3 |
|
0,5 2,2 |
C3HF5Br2 |
|
0,9 2,0 |
C3HF6Br |
|
0,7 3,3 |
C3H2FBr5 |
|
0,1 1,9 |
C3H2F2Br4 |
|
0,2 2,1 |
C3H2F3Br3 |
|
0,2 5,6 |
C3H2F4Br2 |
|
0,3 7,5 |
C3H2F5Br |
|
0,9 1,4 |
C3H3FBr4 |
|
0,08 1,9 |
C3H3F2Br3 |
|
0,1 3,1 |
C3H3F3Br2 |
|
0,1 2,5 |
C3H3F4Br |
|
0,3 4,4 |
C3H4FBr3 |
|
0,03 0,3 |
C3H4F2Br2 |
|
0,1 1,0 |
C3H4F3Br |
|
0,07 0,8 |
C3H5FBr2 |
|
0,04 0,4 |
C3H5F2Br |
|
0,07 0,8 |
C3H6FBr |
|
0,02 0,7 |
HCFC-12 (CHF2Cl)
Monochlorodifluorométhane |
11,8 |
0,055 |
HCFC-123 (C2HF3Cl2)
Dichlorotrifluoroéthane |
1,4 |
0,02 |
HCFC-124 (C2HF4Cl)
Monochlorotétrafluoroéthane |
6,1 |
0,022 |
HCFC-141b (C2H3FCl2)
Dichlorofluoroéthane |
9,2 |
0,11 |
HCFC-142b (C2H3F2Cl)
Monochlorodifluoroéthane |
18,5 |
0,065 |
HCFC-225ca (C3HF5Cl2)
Dichloropentafluoropropane |
2,1 |
0,025 |
HCFC-225cb (C3HF5Cl2)
Dichloropentafluoropropane |
6,2 |
0,033 |
Source : United
States Environmental Protection Agency, Global Programs Division, octobre 2000.
Sources originales : Les
chiffres figurant dans la colonne Durée de vie sont tirés du tableau 10-8 du
document Scientific Assessment of Ozone Depletion, 1998, un rapport du Global Ozone
Research and Monitoring Project, de lOrganisation météorologique mondiale.
Les chiffres de la colonne PDO sont tirés du tableau 11-1 du document Scientific
Assessment of Ozone Depletion. Les espaces en blanc indiquent que cette
information ne figurait pas dans la source originale.
(1) National
Aeronautics & Space Administration, Ames Research Center, NASA News, avril
2000.
(2) Environnement
Canada, Lozone de lArctique : Sensibilité de la couche dozone
à lappauvrissement par les substances chimiques et au changement climatique,
décembre 1998.
(3) Environnement
Canada, Direction générale des sciences atmosphériques et climatiques, Lozone
stratosphérique, janvier 2001.
(4) Paul A. Newman, SAGE III Ozone Loss and Validation
Experiment, SOLVE: A NASA DC-8, ER-2 and High Altitude Balloon Mission, National
Aeronautics & Space Administration/Goddard Space Flight Center, mars 1999.
(5) Paul J. Crutzen et Veerabhadran Ramanathan, « Pathways
of Discovery The Ascent of Atmospheric Sciences », Science,vol. 290, 13
octobre 2000.
(6) Programme des
Nations Unies pour lenvironnement (PNUE), Secrétariat de lozone, Questions
fréquentes sur lozone posées au groupe de lévaluation scientifique,
2000.
(7) Les catalyseurs
se caractérisent par le fait quils sont présents dans la même quantité au début
et à la fin de la réaction.
(8) Terme général
désignant les chlorofluorocarbures (CFC), et dautres substances de composition
similaire contenant du brome.
(9) PNUE, Questions
fréquentes sur lozone posées au groupe dévaluation scientifique, 2000.
(10) Thomas G. Chasteen, Ozones Problem with
Polar Stratospheric Clouds, Département de chimie, Sam Houston State University,
printemps 1997.
(11) Particules
portant une charge électrique.
(12) Ibid.
(13) Newman, SAGE III Ozone Loss and Validation
Experiment, 1999.
(14) Dissociation due
au rayonnement ultraviolet.
(15) Richard A. Kerr, « Stratospheric
Rocks May Bode Ill for Ozone », Science, vol. 291, no 5506,
février 2001.
(16) Christiane Voigt et al., « Nitric Acid
Trihydrate (NAT) in Polar Stratospheric Clouds », Science,vol. 290, no
5497, octobre 2000.
(17) Ibid.
(18) Environnement
Canada, Ozone stratosphérique, janvier 2001.
(19) Environnement
Canada, Lozone de lArctique, 1998.
(20) PNUE, State of the Environment Norway, GRID-Adrendal,
Original source: UNEP/ (GEMS) library series no 7: The Impact of Ozone Layer
Depletion, mai 1997.
(21) Ibid.
(22) Organisation
mondiale de la santé, « The Global UV Project Summary », Intersun, octobre
1998.
(23) « 11th MOP to the Montreal Protocol
and 5th COP to the Vienna Convention », Linkages,
décembre 1999.
(24) PNUE, State of the Environment Norway, 1997.
(25) Organisation
mondiale de la santé, « The Global UV Project Summary », 1998.
(26) Environmental Effects of Ozone Depletion:
1991 Update (1991), p. iii.
(27) Synthèse des
rapports de lOzone Scientific Assessment Panel, de lEnvironmental Effects
Assessment Panel, du Technology and Economic Assessment Panel, préparée par les
présidents des groupes dévaluation des parties au protocole de Montréal, novembre
1991, p. 6.
(28) Ibid., p. iv.
(29) Crutzen et Ramanathan, « Pathways of
Discovery », 2000.
(30) Fred Pearce, « Algal Gloom », New
Scientist, août 1998.
(31) Stephen O. Anderson, « Halons and the
Stratospheric Ozone Issue », Fire Journal, vol. 8, no 3,
mai-juin 1987.
(32) Reinhard Pienitz et Warwick F. Vincent,
« Effect of climate change relative to ozone depletion on UV exposure in sub arctic
lakes », Nature, p. 404, 484-487, mars 2000.
(33) Contenant du
carbone.
(34) PNUE, State of the Environment Norway, 1997.
(35) The 2000 ozone hole, British Antarctic Survey,
décembre 2000.
(36) PNUE, Questions
fréquentes sur lozone posées au groupe dévaluation scientifique, 2000.
(37) Environnement
Canada, Initiative pour latmosphère moyenne, avril 2000.
(38) Agence spatiale
canadienne, SCISAT-1 : Le prochain satellite scientifique canadien, Apogée
Science spatiale, octobre 1999.
(39) Environnement
Canada, Lozone de lArctique, 1998.
(40) Fred Pearce, « Chill in the air », New
Scientist,mai 1999.
(41) Joyce E. Penner et al.,« Aviation and
the Global Atmosphere Summary for Policy Makers », Intergovernmental Panel on
Climate Change, United Nations Environment Programme/World Meteorological Organization,
avril 1999.
(42) Compte rendu de la 11e réunion des
parties signataires du traité de Montréal et 5e conférence des parties
signataire du traité de Vienne, Earth Negotiations Bulletin, vol. 19, no 6,
décembre 1999.
(43)
« Supersonic Aircraft Exhaust Measurements to Help Ozone Aircraft Studies »,
NASA HQ Public Affairs Office, octobre 1995.
(44) S.A. Montzka, J.H. Butler, J.W. Elkins, T.M.
Tompson, A.D. Clarke et L.T. Lock, « Present and future trends in the atmospheric
burden of ozone-depleting halogens », Nature, vol. 398, avril 1999.
(45) Environnement
Canada, « Modèles à suivre Trouver des solutions de rechange », La
Voie verte, 1997.
(46) Une onde
stationnaire est formée de plusieurs ondes identiques superposées.
(47) Région
damplitude maximale entre deux nuds voisins dune onde stationnaire.
(48) « Cooling with Sound: An Effort to Save
Ozone Shield », New York Times, 25 février 1992.
(49) Peter T. Landsberg, « Thermodynamics:
Cool Sounds », Nature, août 1998.
(50) Mark Alpert, « A Cool Idea », Scientific
American, mai 1998.
(51) Naomi Lubick, « Desert Fridge », Scientific
American, novembre 2000.
(52) Alan Hall, « Whats the Beef? » Scientific
American, novembre 1997.
(53) Ammonia Refrigeration,
Occupational Safety & Health Administration, U.S. Department of Labor, mars 2001.
(54) William Murray, « Percées technologiques
découlant de lélimination graduelle des CFC », produit pour le Comité
permanent de la Chambre des communes chargé de lenvironnement, Direction de la
recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement, 6 avril 1992, p. 2.
(55) « Vers des inhalateurs sans CFC La
transition vers des inhalateurs-doseurs dans CFC », La Voie verte,
Environnement Canada, juillet 1999.
(56) « No More
Ozone-Depleting Solvents », Toronto Star, 16 décembre 1991.
(57) Environnement
Canada, « Modèles à suivre », 1997.
(58) Dites aussi « substances appauvrissant la
couche dozone » (SACO).
(59) Environment News Service, « Stronger Global
Ozone Layer Action Agreed », décembre 1999.
(60) Ehsan Masood, « Ozone recovery will be
long-term affair », Nature, vol. 373, juin 1998.
(61) Environment News Service, « China Warms to
Fridge Project », décembre 1999.
(62) Namrata Singh, « Godrej-GE Appliances to phase
out CFC by 2000 », The Financial Express, Inde, avril 1998.
(63) PNUE, Questions
fréquentes sur lozone posées au groupe dévaluation scientifique, 2000.
(64) Conseil canadien
des ministres de lenvironnement, Plan daction national, Service de la
protection de lenvironnement, Environnement Canada, janvier 1998.
(65) Environnement
Canada, Les impacts sur la santé du rayonnement ultraviolet, septembre 1997.
(66) Autrefois le
Service de lenvironnement atmosphérique.
(67) Conseil canadien
des ministres de lenvironnement, Plan daction national, Service de la
protection de lenvironnement, Environnement Canada, janvier 1998.
(68) Compte rendu
de la 20e réunion du groupe de travail à composition non limitée des parties
signataires du traité de Montréal sur les substances nocives à la couche
dozone : 11-13 juillet 2000, Earth Negotiations Bulletin, vol. 19, no 7,
décembre 2000.
(69) David Spurgeon, « Ozone treaty must
tackle CFC smuggling », Nature, vol. 389, no 219,
septembre 1997.
(70) Vinod Chhabra, « Montreal Protocol and
After », The Financial Express, Inde, août 1997.
(71) « 11th MOP to the Montreal Protocol
and 5th COP to the Vienna Convention », Linkages,
décembre 1999.
(72) Ibid.
(73) Drew T. Shindell, David Rind et Patrick Lonergan,
« Increased polar stratospheric ozone losses and delayed eventual recovery owing to
increasing greenhouse-gas concentrations », Nature, avril 1998.
(74) Pearce, « Chill in the air », 1999.
(75) Peter Aldhous, « Global warming could be bad
news for Arctic ozone layer », Nature, vol. 404, avril 2000.
(76) « 11th MOP to the Montreal Protocol
and 5th COP to the Vienna Convention », Linkages,
décembre 1999.
(77) Shindell, Rind et Lonergan, « Increased polar
stratospheric ozone losses and delayed eventual recovery owing to increasing
greenhouse-gas concentrations », 1998.
(78) R. Monastersky, « A sign of healing appears in
stratosphere », Science News, 18 décembre 1999.
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