PRB 00-33F
L'EAU, ENJEU STRATÉGIQUE
DE DEMAIN
Rédaction :
Christine Labelle, Frédéric Forge
Division des sciences et de la technologie
Le 16 février 2001
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION
UNE PROBLÉMATIQUE
PLANÉTAIRE : MIEUX GÉRER LEAU
LEAU AU CANADA
UNE RESSOURCE MENACÉE
A. Leau douce une ressource abondante
B. Leau douce une utilisation massive
C. La dégradation des écosystèmes aquatiques
D.
Changements climatiques
E.
Méconnaissance des eaux souterraines
F.
Prélèvements massifs deau
LA GESTION PUBLIQUE DE
LEAU AU CANADA
A. Responsabilités fédérales et provinciales
B. La législation canadienne relative à
leau
C. Coopération internationale
D. Autres initiatives
relatives aux eaux
LAVENIR DE
LEAU LA VISION CANADIENNE
ANNEXE 1 : GLOSSAIRE
ANNEXE 2 :
LUTILISATION DE L'EAU AU CANADA
ANNEXE 3 : LE TRAITEMENT
DE L'EAU AU CANADA
LEAU, ENJEU STRATÉGIQUE DE DEMAIN
INTRODUCTION
À laube du XXIe siècle, la moitié du volume
deau douce(1) disponible sur la Terre est
utilisée pour répondre à des besoins humains dont la croissance a été spectaculaire
au cours du dernier siècle. Tout indique que si la consommation humaine ne change
pas sous peu, la demande mondiale continuera de croître et deviendra critique dans un
avenir prochain.
Les Canadiens vivent dans un pays où leau est abondante et
qui se classe parmi les premiers pour ce qui est de la quantité deau douce
renouvelable présente sur son territoire. Malgré cette abondance, le Canada est
conscient quil lui faut adopter des stratégies de gestion efficaces pour protéger
cette richesse.
Ce document tente détablir dans quelle mesure le Canada est
prêt à faire face à une crise imminente de leau et quelle est sa vision pour
lavenir en ce qui concerne la gestion de cette ressource. Les deux premières
sections décrivent brièvement la situation dans le monde et au Canada. La section
suivante donne un aperçu du cadre de gestion canadien pour lutilisation de
leau et des mesures prises dans ce domaine. Enfin, la dernière section
présente la vision du Canada en matière de gestion de leau par rapport aux enjeux
internationaux.
UNE
PROBLÉMATIQUE PLANÉTAIRE : MIEUX GÉRER LEAU
La consommation humaine deau a doublé depuis 35 ans.
Selon les estimations, elle aurait sextuplé depuis 100 ans(2),
et cette augmentation ne tiendrait pas uniquement à la croissance démographique puisque
la population mondiale nest passée que du simple au triple au cours de la même
période.
Cette consommation accrue conjuguée à une gestion de la ressource qui laisse
à désirer est à lorigine dune multitude de problèmes,
notamment :
- le manque daccès à leau potable dans certains pays;
- la pollution et linsalubrité de leau;
- la sous-alimentation chronique découlant dun manque deau en agriculture;
- la destruction dhabitats naturels par suite de constructions hydroélectriques(3).
À lheure actuelle, leau douce disponible (qui comprend les eaux de surface
et les eaux souterraines) à léchelle mondiale représente un volume total
denviron 40 000 km3 par an(4).
En 1995, on a estimé à 3 800 km3 (environ 10 p. 100) le volume
prélevé dérivé ou pompé à des fins humaines. De ce volume,
2 000 km3 font lobjet dune consommation directe, et le reste
est rejeté dans lenvironnement après avoir servi à diverses fins(5).
Selon des analyses effectuées en 1995 par le Conseil mondial de leau (CME), si
les politiques en vigueur ne changent pas et la tendance économique demeure à la hausse,
comme on le prévoit, le besoin deau augmentera considérablement dici 2025(6). La consommation deau pourrait alors se situer
entre 4 300 et 5 200 km3 et entraîner un « stress
hydrique » énorme à léchelle mondiale, notamment en Afrique, en Asie et en
Amérique latine. De plus, compte tenu de la croissance démographique mondiale, le volume
deau annuel moyen disponible par habitant baissera, passant de 6 600 m3
aujourdhui à 4 800 m3 en 2025(7).
Une partie de la problématique tient au fait que les ressources hydriques disponibles
ne sont pas toutes accessibles ou utilisables(8).
En effet, une grande partie est située dans des lieux peu accessibles et peu peuplés,
notamment certaines régions du Nord du Canada, lAlaska et le bassin de
lAmazone. En outre, de nombreux bassins fluviaux tropicaux ne renferment une
grande quantité deau que durant de courtes périodes de lannée.
Par contre, des problèmes liés à la gestion de lutilisation de leau
peuvent expliquer quelle soit moins disponible ailleurs dans le monde, notamment
dans les bassins fluviaux tempérés de plusieurs pays du Nord. Lutilisation
anthropique intensive outre la consommation quelle implique pollue la
ressource hydrique, aussi bien superficielle que souterraine, ce qui rend leau de
bonne qualité plus difficile à trouver.
Bref, selon les résultats et les analyses rendus publics par le CME, il ne fait aucun
doute quune crise de leau existe déjà à léchelle mondiale.
Elle résulterait en grande partie non pas dune pénurie, mais plutôt dune
mauvaise gestion, et des millions de personnes en souffrent actuellement. De
lavis du Conseil, il est donc urgent dadopter des politiques de gestion
durable des ressources en eau et de la production alimentaire. Il préconise donc
cinq grandes mesures qui permettraient dinstaurer une telle gestion dici
2025 :
- participation de toutes les parties intéressées à une gestion intégrée de
leau;
- tarification de tous les services reliés à leau en fonction de la totalité des
coûts;
- augmentation du financement public pour la recherche et linnovation;
- renforcement de la coopération à lintérieur des bassins fluviaux
internationaux;
- accroissement massif des investissements dans le domaine de leau.
Ces mesures devraient aider à atteindre divers objectifs, notamment :
- la conservation des écosystèmes aquatiques;
- la production et laccessibilité accrues de la nourriture à léchelle
planétaire;
une plus grande responsabilisation des collectivités pour ce qui est de gérer
leau potable.
LEAU AU CANADA UNE
RESSOURCE MENACÉE
A.
Leau douce une ressource abondante
Le Canada est lun des premiers pays au monde pour ce qui est de la quantité
deau douce présente sur son territoire(9).
Il possède 9 p. 100 de leau douce renouvelable de la planète. En
fait, il possède 20 p. 100 de leau douce de la planète, mais une partie
seulement de cette réserve est accessible, le reste étant composé deau
inaccessible ou fossile(10).
La réserve deau douce renouvelable du Canada est composée :
- principalement deaux souterraines, dont le volume est 37 fois plus important
que celui des lacs et des rivières;
- de multiples plans et cours deau, qui couvrent près de 8 p. 100 du
territoire et 16 p. 100 des milieux humides;
- de neige et de glace, qui en sont deux sources importantes.
À cause de létendue du pays et de linaccessibilité de certaines de ses
régions, 90 p. 100 de la population na accès quà seulement
40 p. 100 de cette eau.
B.
Leau douce une utilisation massive
Chaque Canadien utilise en moyenne 326 litres deau par jour, ce qui fait de la
population canadienne lune des plus grandes consommatrices mondiales deau
potable.
Le graphique préparé par Environnement Canada et présenté à lannexe 2
illustre divers aspects de lutilisation de leau par divers secteurs
dactivité au Canada.
Hormis les secteurs du transport et du tourisme, la consommation deau sest
élevée à 57,9 milliards de mètres cubes deau(11)
en 1991, répartis de la façon suivante :
- secteur de la thermoélectricité (63 p. 100);
- industrie manufacturière (16 p. 100);
- réseaux municipaux (11 p. 100, en excluant les régions rurales);
- secteur agricole (9 p. 100);
- secteur minier (1 p. 100).
Bien que, au premier abord, le ravitaillement en eau potable ne semble pas constituer
un problème pour les Canadiens, 17 p. 100 des municipalités dotées dun
système daqueduc ont éprouvé des problèmes dapprovisionnement en
1994. Laugmentation de la consommation a un effet direct sur le volume
deaux usées à traiter et sur laugmentation des
coûts liés à lapprovisionnement et au traitement (voir lannexe 3) de
leau.
C.
La dégradation des écosystèmes aquatiques
Lactivité humaine est un des principaux facteurs qui menacent leau
douce. Tous les secteurs dactivités industrielles ont un impact réel sur les
écosystèmes aquatiques. Par exemple :
- les activités rattachées à la thermoélectricité entraînent souvent
lévacuation dans lenvironnement deaux de refroidissement dont la
température est supérieure à la normale observée dans les écosystèmes;
- les industries manufacturières et minières produisent et rejettent dans la nature des
effluents qui, même après traitement, possèdent la plupart du temps des
caractéristiques chimiques, physiques ou biologiques différentes de leau
dorigine;
- les activités agricoles sont à lorigine de leutrophisation de nombreux
cours deau et de la présence de pesticides dans les milieux aquatiques;
- les municipalités doivent gérer les eaux usées et les eaux de ruissellement, qui
modifient le milieu aquatique récepteur si elles sont déversées dans
lenvironnement sans avoir été traitées adéquatement au préalable.
Au nombre des principales modifications que lactivité humaine a apportées au
milieu aquatique, on note :
- la transformation de berges naturelles, en raison du développement urbain et agricole;
- la disparition de milieux humides tels que les tourbières, par suite de la
régularisation des niveaux deau;
- lincidence de la pêche commerciale, notamment à cause du dragage du fond marin;
- lacidification de plans deau, provoquée par lémission atmosphérique
de substances acidifiantes;
- la contamination organique et chimique des eaux, due aux activités industrielles,
agricoles et municipales.
En plus dentraîner la perte dhabitats et la diminution de la
biodiversité, ces facteurs contribuent à laccumulation de substances toxiques dans
la chaîne alimentaire et à la diminution de la qualité de leau avant le
traitement.
Même si environ 90 p. 100 de leau prélevée au Canada retourne dans le
milieu, la perte attribuable à lévaporation lors de la consommation
a une incidence sur les écosystèmes aquatiques, plus particulièrement dans les régions
sensibles à la sécheresse.
De nombreux problèmes subsistent donc et il devient essentiel et urgent
de prendre des mesures pour prévenir la pollution et réaliser des gains
defficacité.
D. Changements climatiques
Le débat nest pas clos pour ce qui est de lexistence du changement
climatique de la planète et de ses effets possibles(12).
Des modèles informatiques permettent desquisser des scénarios, notamment en ce qui
a trait à ses répercussions possibles sur leau et les diverses activités qui y
sont reliées.
Les conclusions varient considérablement. Par exemple, les experts de la
National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis et dEnvironnement
Canada croient que le réchauffement climatique de la planète se traduira par une baisse
du niveau des Grands Lacs qui pourrait atteindre un mètre ou plus dici 50
ans. Pour leur part, les scientifiques du U.S. National Assessment on the Potential
Consequences of Climate Variability and Change, croient quil est possible que
se produise une légère augmentation ou une diminution du niveau des lacs(13). Malgré la forte incertitude qui subsiste
en ce qui concerne lampleur des changements appréhendés, les analyses de la
circulation globale dans latmosphère semblent indiquer que le réchauffement
modifiera la configuration des précipitations à léchelle mondiale.
De lavis de la Commission mixte internationale (CMI) dont le mandat est
dorienter les relations entre le Canada et les états-Unis pour ce qui est des eaux
limitrophes , il est possible quune baisse des niveaux deau se produise
en raison du changement climatique. Dans le cas des Grands Lacs, une baisse de
niveau pourrait avoir plusieurs conséquences, notamment :
- une réduction de la production hydroélectrique;
- une augmentation des coûts de la navigation;
- lobligation de modifier certaines infrastructures urbaines à proximité des
rives;
- une augmentation des effets négatifs sur les activités de plaisance, la pêche
sportive et le trafic maritime à fort tirant deau de Montréal;
- la réduction des apports deau douce dans lestuaire et le golfe du
Saint-Laurent.
Bref, la baisse de niveau pourrait avoir une incidence importante dordre
économique, social et environnemental sur toute la région des Grands Lacs.
E. Méconnaissance des eaux
souterraines
Leau souterraine provient majoritairement de linfiltration de pluie dans le
sol, qui seffectue plus ou moins rapidement selon la porosité de celui-ci(14). Leau provenant des nappes
phréatiques, qui constitue la principale source canadienne deau douce, subvient aux
besoins de 7,9 millions de personnes, soit 26 p. 100 de la population(15).
Sa consommation varie sensiblement selon les provinces. Par exemple, leau
souterraine ne représente quenviron 20 p. 100 de leau potable
consommée par les Québécois(16). Toutefois,
dans dautres provinces et territoires, lutilisation des eaux souterraines est
plus importante : ainsi la totalité de la population de
lÎle-du-Prince-Édouard et 60 p. 100 de celles du Nouveau-Brunswick et du
Yukon comptent sur cette source deau potable pour répondre à leurs besoins.
Il est intéressant de noter que ces régions doivent faire face plus régulièrement à
des pénuries que celles qui sapprovisionnent en eau de surface.
Labondance de leau souterraine a amené ces dernières années plusieurs
entrepreneurs à envisager dutiliser cette ressource pour réaliser
dimportants projets commerciaux tels que la mise en marché deau embouteillée
à des fins dexportation(17). Les
projets de ce type sont parfois contestés et font lobjet de nombreuses discussions,
notamment parce quon manque, à lheure actuelle, de connaissances au sujet des
nappes phréatiques.
Dans son rapport de février 2000, la CMI a dressé le portrait de la situation de
lensemble du système canadien deaux souterraines et de celui des Grands
Lacs. Selon la Commission :
- le rôle des nappes phréatiques dans le soutien des écosystèmes est mal connu;
- les données sur la consommation et les grands prélèvements deau souterraine ne
sont pas complètes;
- certaines estimations notamment des effets produits par les changements
dutilisation des terres et de lincidence de la croissance démographique sur
la disponibilité et la qualité de leau souterraine font défaut;
- les renseignements sur lévacuation directe de leau souterraine et sur les
zones naturelles dalimentation sont insuffisants;
- la cartographie est déficiente, alors quune cartographie précise est essentielle
à une bonne gestion des prélèvements des eaux souterraines et des eaux de surface, les
deux systèmes hydrologiques étant reliés.
F. Prélèvements massifs
deau
« Prélèvement massif » sentend du prélèvement de grandes
quantités deau et de leur transport à partir de leur bassin dorigine à
laide de moyens anthropiques (canaux, bateaux, camions-citernes, pipelines)(18). Il ne sagit donc pas nécessairement
deau transportée à lextérieur dune province ou du pays
(exportation). De même, lexpression ne comprend pas les petits prélèvements
(petits contenants portatifs).
Les projets de prélèvements massifs supposent une perte permanente deau dans le
bassin concerné. De plus, ils peuvent impliquer le détournement de cours
deau et la construction de barrages en série, qui sont susceptibles
dentraîner des coûts sociaux énormes. À titre de problématiques
possibles, soulignons :
- linondation ou lassèchement des terres;
- la dégradation du milieu naturel ou urbain;
- les expropriations forcées;
- les bouleversements sociaux;
- la disparition de modes de vie ou même de localités.
Les prélèvements massifs sont donc considérés comme une utilisation non durable de
la ressource, raison pour laquelle le gouvernement du Canada veut les interdire dans le
cas des bassins hydrographiques importants. Le gouvernement a donc annoncé en
février 1999 une « stratégie visant à prévenir le prélèvement à grande
échelle des eaux du Canada, y compris les eaux destinées à l'exportation, dans les
bassins hydrographiques canadiens »(19).
Le projet de loi C-15 : Loi modifiant la Loi du traité des eaux limitrophes
internationales, a ensuite été déposé à la Chambre des communes par le ministre des
Affaires étrangères le 22 novembre 1999 afin de protéger les eaux
transfrontalières des prélèvements massifs. Plus précisément, le projet de loi
visait à clarifier la loi actuelle et à rendre plus efficace la mise en uvre du
Traité relatif aux eaux limitrophes et aux questions originant le long de la
frontière entre le Canada et les États-Unis de 1909 (communément appelé le Traité des
eaux limitrophes internationales) :
- en interdisant le captage et le transfert deaux limitrophes hors de leur bassin
hydrographique;
- en assujettissant à lobtention dune licence auprès du ministre des
Affaires étrangères les activités qui ont pour effet de modifier le débit ou le niveau
naturels des eaux du côté américain de la frontière;
- en prévoyant des sanctions et peines précises en cas dinfraction
linterdiction de capter des eaux limitrophes sappliquerait principalement aux
Grands Lacs, mais toucherait également dautres eaux limitrophes, notamment une
partie du Saint-Laurent, la rivière Ste-Croix, la partie amont du fleuve St-Jean et le
lac des Bois.
Le projet de loi C-15 est mort au Feuilleton lors du déclenchement des
élections fédérales, le 22 octobre 2000, mais un projet de loi semblable (C-6) a
été présenté le 5 février 2001, au début de la 37e législature(20).
La CMI qui a déposé en 2000 un rapport sur le sujet à la demande du Canada et
des États-Unis dans le contexte de la stratégie fédérale sur les prélèvements
deau croit que les gouvernements ne devraient pas autoriser les
prélèvements massifs dans les Grands Lacs, à moins que le promoteur démontre
labsence dimpact sur ces écosystèmes. Toujours daprès la CMI,
cette approche ne serait pas contraire aux obligations commerciales du Canada. En
effet, les gouvernements ont souveraineté sur la gestion de leau à létat
naturel et ne sont pas contraints par les accords commerciaux(21).
Enfin, le Conseil canadien des ministres de lEnvironnement est lui aussi
davis quil faut interdire, dans un avenir prochain, les extractions deau
dans les principaux bassins hydrographiques.
LA GESTION PUBLIQUE DE L'EAU AU CANADA
A.
Responsabilités fédérales et provinciales
La question des mesures à prendre pour protéger leau est indissociable de celle
des responsabilités respectives des administrations fédérale et provinciales pour ce
qui est de gérer cette ressource naturelle. Selon la Loi constitutionnelle de
1982(22) :
- Le gouvernement fédéral a compétence dans certains secteurs relatifs aux eaux,
soit :
la pêche et la navigation qui sont pratiquées en haute mer et dans les eaux
intérieures;
les eaux situées sur les terres fédérales, dans les territoires et dans les
réserves indiennes, ainsi que les eaux transfrontalières;
la mise en uvre des traités internationaux conclus au nom du Canada.
Il peut également promulguer des lois pour le maintien de la paix, de lordre et
de la bonne administration du Canada.
- Les provinces ont compétence en matière dexploitation, de conservation et de
gestion des eaux souterraines et de surface. Par conséquent, elles soccupent
de tout projet qui implique la régularisation du débit et lexploitation de
leau, et veillent à ladoption de lois en matière dapprovisionnement,
de pollution et de puissance thermale et hydroélectrique. Comme les administrations
municipales relèvent des provinces, ces dernières peuvent leur déléguer les
compétences qui leur sont dévolues par la Constitution, notamment les pouvoirs
relatifs aux règlements sur lépuration de leau, les égouts ou encore la
protection des rives, du littoral et des plaines inondables. Les règlements de ce
genre exercent une influence non négligeable sur la qualité des écosystèmes
aquatiques.
- Certains domaines sont de compétence mixte, à savoir les questions relatives aux eaux
limitrophes ou transfrontalières ainsi quà lagriculture et à la santé, en
cas de problème national important relatif à leau.
B.
La législation canadienne relative à leau
Les obligations liées aux responsabilités mentionnées précédemment sont à
lorigine dune multitude de lois qui permettent au pays dexercer la
gestion de leau dans certains domaines. Mentionnons notamment :
- la Loi sur la protection des eaux navigables;
- la Loi sur les pêches;
- la Loi canadienne sur lévaluation environnementale;
- la Loi canadienne sur la protection de lenvironnement;
- la Loi sur les eaux du Yukon;
- la Loi sur les eaux des Territoires du Nord-Ouest;
- la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques;
- la Loi sur la marine marchande du Canada;
- la Loi sur les forces hydrauliques du Canada;
- la Loi internationale sur les ouvrages destinés à lamélioration des cours
deau internationaux;
- la Loi sur les ressources en eau du Canada.
Il nexiste cependant pas de loi fédérale unique qui engloberait toutes les
eaux, la plupart des outils mentionnés ci-dessus concernant des secteurs commerciaux
précis(23).
La Loi sur les ressources en eau du Canada(24),
qui assure au gouvernement fédéral le leadership en matière de gestion des eaux douces,
a été adoptée en 1970, lannée précédant la création du ministère fédéral
de lEnvironnement. Elle prévoit un processus de consultation entre les
gouvernements fédéral et provinciaux pour toute question relative aux ressources en eau
et comprend des dispositions relatives à lapplication de mesures fédérales
unilatérales pour les problèmes transfrontaliers.
Des projets issus de ce processus sont en cours, par exemple :
- le Programme de réduction des dommages causés par les inondations;
- plusieurs programmes de régularisation, de réparation et de contrôle des ressources
en eau;
- des études préliminaires qui visent un développement durable de leau.
Des accords bilatéraux ont été conclus pour chacun de ces programmes. Ces
accords précisent, entre autres, la contribution de chaque gouvernement au financement,
à linformation et au savoir-faire relatifs aux divers projets. Le rapport
annuel de 1998-1999 sur les ressources en eau inclut les ententes qui avaient été
signées depuis peu sur ces programmes. Par lapplication de la Loi sur les
ressources en eau du Canada, le Canada encourage une approche axée sur le partenariat
entre les différents ordres de gouvernement et le secteur privé.
La Politique fédérale relative aux eaux(25) a
été rédigée par différents ordres de gouvernement en 1987 afin daméliorer la
gestion de leau. Au moyen de cette politique, le gouvernement fédéral
poursuit des objectifs de protection et damélioration de la qualité des ressources
hydriques tout en encourageant une gestion et une utilisation prudentes et efficaces de
leau. Il y aborde aussi limportance de sensibiliser la population à une
utilisation quotidienne rationnelle de leau. Cinq stratégies ont été mises
en place dans la foulée de cette politique. Elles correspondent de fait à des
plans daction qui précisent le rôle de soutien que doit jouer le gouvernement et
qui permettent aux partenaires (organismes fédéraux, autres ordres de gouvernement,
industrie) de faire face à des circonstances et à des défis particuliers dans le
domaine concerné.
En plus des outils législatifs et administratifs canadiens figurant dans la
description ci-dessus, il faut mentionner les Recommandations pour la qualité des eaux du
Canada, publiées par le Conseil canadien des ministres de lEnvironnement en 1987,
et les Recommandations pour la qualité de leau potable au Canada, élaborées par
Santé Canada en 1989.
C.
Coopération internationale
La frontière canado-américaine traverse de nombreux cours deau et tous les
Grands Lacs(26), sauf un. Créée en vertu du
Traité des eaux limitrophes internationales de 1909 et composée de six
membres trois nommés par le président des États-Unis et trois, par le
Conseil des ministres du Canada, sur lavis du premier ministre , la Commission
mixte internationale (CMI) est lorganisme qui a reçu le mandat dorienter les
relations entre le Canada et les états-Unis concernant les eaux limitrophes. Elle a
constitué des conseils bilatéraux afin de faciliter les tâches denquête, de
contrôle et de surveillance du Traité.
La CMI étudie les demandes dapprobation de projets touchant les eaux
frontalières et transfrontalières et peut prendre des règlements relativement à ces
projets. Elle assiste les deux pays en ce qui a trait à la protection de
lenvironnement dans les régions frontalières, y compris lapplication de
lAccord relatif à la qualité de leau dans les Grands Lacs de 1972, et
renseigne les gouvernements sur les nouveaux enjeux qui pourraient être sources de
litiges entre les deux pays.
Le Canada participe également à certaines initiatives internationales. Il a
notamment produit un rapport conjoint traitant de la gestion de leau en Amérique du
Nord en collaboration avec les États-Unis et le Mexique. Ce rapport résulte de
linitiative Vision mondiale de leau, mise sur pied en 1998 par le
Conseil mondial de leau (CME) afin détablir un consensus international pour
la mise en place dun plan de gestion visant à contrer la crise actuelle de
leau.
Depuis 1998, des citoyens et des organismes se sont joints à des professionnels et à
des intervenants pour prendre part à des séances de discussion organisées par le
CME. Des consultations sectorielles et régionales ont eu lieu, et des rapports
régionaux ont été produits. Ces rapports dont celui du Canada, des
États-Unis et du Mexique intitulé North America ont mené à la rédaction
du rapport-synthèse World Water Vision Making Water Everybodys Business (Vision
mondiale de leau Leau, laffaire de tout le monde)(27). Ce rapport propose, outre un bilan
de la situation mondiale pour ce qui est de la gestion de leau, des solutions qui
visent à donner accès à une eau potable répondant aux exigences de la population, et
ce, par lintermédiaire de plans de gestion qui garantiront lintégrité des
écosystèmes aquatiques.
D. Autres initiatives relatives aux eaux
Depuis une douzaine dannées, des initiatives ont été élaborées au Canada
pour remédier aux problématiques décrites plus tôt. Ces initiatives, axées sur
les écosystèmes, tiennent compte de préoccupations environnementales, économiques et
sociales(28). Elles sont le résultat de
partenariats entre les gouvernements fédéral et provinciaux ou territoriaux et
nécessitent souvent la collaboration de particuliers, de collectivités, de peuples
autochtones et du secteur privé.
Mesures canadiennes relatives aux eaux
stratégies internationales |
Accords
|
1952 |
Projet de la voie maritime du Saint-Laurent |
1972, 1978 |
Accord relatif à la qualité de leau dans les Grands
Lacs (remanié en 1989) |
1989 |
Accord sur lapprovisionnement en eau et la protection
contre les crues dans le bassin de la rivière Souris |
Traités et conventions
|
1909 |
Traité relatif aux eaux limitrophes
et aux questions originant le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis
(Commission mixte internationale) |
1925 |
Convention et protocole concernant le lac des Bois |
1941 |
Convention du lac à la Pluie |
1950 |
Traité concernant la dérivation des eaux de la rivière
Niagara |
1961-1964 |
Traité du fleuve Columbia (1961) et Protocole (1964) |
1984 |
Traité concernant la rivière Skagit et le lac Ross ainsi
que le réservoir Seven Mile de la rivière Pend dOreille |
stratégies fédérales et
provinciales |
1970 |
La Loi sur les ressources en eau du Canada prévoit un
processus de consultation entre les gouvernements fédéral et provinciaux pour toute
question relative aux ressources en eau. |
1987 |
La Politique fédérale relative aux eaux permet au
gouvernement de poursuivre des objectifs de protection et damélioration de la
qualité des ressources hydriques tout en encourageant une gestion et une utilisation
prudentes et efficaces de leau. |
Source : Sites Web de la Commission mixte internationale, du
Commissaire à lenvironnement et au développement durable et dEnvironnement
Canada, juin 2000.
À titre dexemple, une approche écosystémique a été favorisée dans le cadre
de lélaboration du Plan daction Saint-Laurent de 1988, qui en est maintenant
à sa troisième phase. Les objectifs de ce programme sont :
- dassainir lécosystème du Saint-Laurent;
- daméliorer la santé des collectivités;
- de rendre le fleuve accessible.
Au cours de ses 12 premières années, linitiative a mené à dimportantes
réussites : réduction de 96 p. 100 des rejets industriels prioritaires,
création du Parc marin du Saguenay, accroissement de la population de bélugas,
protection de 12 000 hectares dhabitats fauniques et formation de dix
groupes communautaires (comités de zone dintervention prioritaire ou ZIP) le long
du Saint-Laurent. La troisième phase du Plan daction Saint-Laurent met
laccent sur la prévention dans les secteurs suivants : biodiversité,
agriculture, industrie et navigation. Les organismes communautaires participent de
façon active aux projets dassainissement de lécosystème du Saint-Laurent.
Le tableau suivant énumère certaines initiatives denvergure en cours qui
prônent une approche écosystémique afin de revitaliser les écosystèmes aquatiques
dun océan à lautre.
Initiatives relatives aux écosystèmes aquatiques canadiens
| Depuis 1988 |
Le Plan daction Saint-Laurent Vision 2000 (SLV
2000) |
| Depuis 1989 |
Le Plan daction des Grands Lacs 2000 (GL 2000) |
| Depuis 1991 |
Létude sur les bassins des rivières du Nord et
Initiative des écosystèmes des rivières du Nord |
| Depuis 1991 |
Le Plan daction écologique des régions côtières de
lAtlantique (PAERCA) |
| Achevé en 1998 |
Le Plan daction du Fraser (PAF) |
| Depuis 1998 |
LInitiative de lécosystème du bassin de Georgie
(IEBG) |
| À venir |
LInitiative des écosystèmes nordiques |
Source : Site Web dEnvironnement Canada, juin 2000.
LAVENIR DE LEAU
LA VISION CANADIENNE
Compte tenu des problématiques actuelles notamment les périodes de sécheresse
plus fréquentes dans les provinces de lOuest, la qualité de leau potable qui
laisse périodiquement à désirer dans certaines régions et la demande de plus en plus
pressante dexportation de leau , les administrations canadiennes sont
davis quil devient urgent de perfectionner le système de gestion de
leau. Elles rejoignent en cela le CME, qui insiste sur limportance de
gérer la crise mondiale de leau en adoptant des mesures pour améliorer la gestion
de cette ressource dici 2025(29).
Le dossier de leau fait partie des préoccupations canadiennes depuis longtemps
déjà (1909) et bénéficie dune structure de gestion très élaborée. De
nombreux obstacles ont été surmontés jusquà maintenant, mais dautres
devront être examinés sérieusement. Par exemple, les Grands Lacs, le fleuve
Fraser et le fleuve Saint-Laurent, qui ont déjà été le lieu de multiples interventions
dassainissement, devront encore faire lobjet de travaux à moyen et à long
termes afin denrayer la pollution toxique provenant des milieux agricoles, urbains
et industriels. De plus, les ressources en eau du Canada sont surutilisées (compte
tenu notamment du fait que la majorité de la population na accès quà
seulement 40 p. 100 de leau douce), ce qui coûtera des milliards de
dollars en infrastructures dapprovisionnement et de traitement des eaux usées(30).
De nombreuses initiatives sinspirent des mesures prônées par le CME.
Entre autres :
- Environnement Canada fonde ses projets écosystémiques sur le principe dune
gestion intégrée de leau;
- la CMI travaille au renforcement continuel des partenariats à lintérieur des
bassins transfrontaliers;
- le Canada participe à la réflexion internationale, soucieux de collaborer à une
gestion mondiale intégrée.
La majorité des administrations canadiennes désirent continuer à améliorer la
gestion de la ressource hydrique canadienne.
Environnement Canada, qui élabore continuellement des outils de gestion intégrée,
favorise la collaboration entre les gouvernements et veille à répondre constamment aux
objectifs de développement durable. Le Ministère favorise donc les projets tels
que les mesures communautaires et volontaires, la recherche fondamentale et les solutions
plus techniques (installation de compteurs, par exemple).
Dans un rapport sur la santé de leau produit en 2000, par exemple, Agriculture
et Agroalimentaire Canada souligne limportance de la création doutils de
gestion qui permettront dutiliser leau souterraine de façon durable.
Selon les recherches du Ministère, les conséquences de la sécheresse dans lOuest
canadien saggraveront, compte tenu de paramètres tels que les changements
climatiques ou encore laccroissement de la population, de lurbanisation et de
la demande en eau(31).
Pour sa part, le Bureau daudiences publiques sur lenvironnement (BAPE) du
Québec, qui a tenu des audiences sur leau en 1999, a conclu dans un rapport publié
en 2000 que la gestion actuelle de leau et des milieux aquatiques est trop
sectorielle, peu intégrée et trop peu soucieuse de lenvironnement. Selon le
Bureau, il est donc urgent de :
passer à une gestion intégrée, mieux harmonisée au palier gouvernemental, tenant
ensemble les fonctions de protection et de mise en valeur, et délibérément mise en
uvre à léchelle des bassins versants. Par ailleurs, des actions
peuventet doivent être entreprises, qui simposent maintenant et sinscrivent
dans le sens de la politique à venir(32).
Entre autres, le BAPE recommande :
- un projet de politique qui protégerait les eaux souterraines;
- la création dun comité ayant pour mandat de mettre en place la gestion à
léchelle des bassins versants;
- une révision majeure des programmes dassainissement agricole;
- létablissement dun système de redevances sur les prélèvements deau
et les rejets.
Enfin, le Canada en est venu à la conclusion, par suite de ses travaux avec les
États-Unis et le Mexique(33), que pour parvenir à
une vision commune à toute lAmérique du Nord en matière deau, la
collaboration intersectorielle et transfrontalière sera essentielle à tous les
niveaux.
En définitive, cependant, la participation dun public
bien renseigné sur la situation devra être le point de départ des mesures prises par
les gouvernements et les organismes de gestion des secteurs public et privé. Le
plus grand défi consistera à intégrer la gestion de leau à tous les niveaux
du simple utilisateur jusquaux administrateurs des grands bassins
hydrographiques et à assurer la participation de chacun au processus de prise de
décision. Ainsi, tous les secteurs de la société seront parties prenantes à une
véritable gestion intégrée de leau au Canada.
(1) On trouvera la
définition de divers termes relatifs à leau dans le Glossaire, à lannexe
1. Pour une version succincte du présent document, voir Christine Labelle, Leau
au Canada : État, gestion et enjeux, Capsule dinformation TIPS-37F,
Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement, 30 novembre 2000.
(2) William J.
Cosgrove et Frank R. Rijsberman, World Water Vision Making Water
Everybodys Business, Conseil mondial de leau, 2000.
(3) Elle a aussi
entraîné des conséquences favorables pour la population et lenvironnement,
notamment la création des systèmes de traitement de leau (voir
lannexe 3).
(4) Dans leur rapport
rédigé pour le Conseil mondial de leau, Cosgrove et Rijsberman (2000) parlent
deau bleue et deau verte. Leau bleue comprend les eaux
superficielles et souterraines et constitue la principale source dutilisation à des
fins humaines et lobjet de la gestion des ressources en eau. Leau verte
correspond à leau de pluie et constitue la principale source
dapprovisionnement pour les écosystèmes naturels et lagriculture non
irriguée (produit 60 p. 100 de la nourriture mondiale).
(5)
Habituellement, la qualité de cette eau rejetée est sérieusement
altérée. Ce sont les utilisations industrielles qui entraînent la plus importante
consommation deau, soit le double de la consommation à des fins domestiques.
Dans ce contexte, leau sert principalement dagent de refroidissement pour la
production de lélectricité.
(6) Cette différence
dépend en partie de lexpansion que pourrait connaître lirrigation
agricole.VoirCosgrove et Rijsberman (2000), p. xxi.
(7) Ibid.
(8) Voir Cosgrove et
Rijsberman (2000).
(9) Le Brésil vient au
premier rang avec 18 p. 100 de la réserve mondiale, suivi du Canada et de la
Chine (9 p. 100) et des États-Unis (8 p. 100). Environnement
Canada, Notions élémentaires sur leau douce, site Web http://www.ec.gc.ca/water/fr/info/pubs/f_pubs.htm,
octobre 2000.
(10) Leau
fossile est un vestige des inlandsis qui recouvraient la Terre au Pléistocène.
Voir Environnement Canada, Notions élémentaires sur leau douce, octobre
2000.
(11) De ce volume :
- plus de 12,8 milliards de mètres cubes sont recirculés dans divers
secteurs industriels;
- 4,3 milliards de mètres cubes sont consommés
cest-à-dire que leur utilisation mène à leur évaporation ou à leur
incorporation dans des produits ou des organismes et ne sont plus disponibles à
dautres fins;
- plus de 40,4 milliards de mètres cubes retournent dans
lenvironnement après avoir été utilisés et redeviennent disponibles
(Source : Environnement Canada, Utilisation de leau au Canada en 1991,
site Web, octobre 2000).
(12) Voir à ce sujet
Tim Williams et Jean-Luc Bourdages, Le
réchauffement de la planète et la volonté de réduire les gaz à effet de serre,
Capsule dinformation TIPS-39F, Direction de la recherche parlementaire,
Bibliothèque du Parlement, 1er décembre 2000.
(13) Commission mixte
internationale, Rapport final sur la protection des eaux des Grands Lacs,
présenté aux gouvernements du Canada et des États-Unis dAmérique, 22 février
2000.
(14) Normand Grondin, «
Les eaux souterraines : ce quil faut savoir », Québec Science, septembre
1997.
(15)
Environnement Canada, Près de 8 millions de canadiens sont tributaires de leau
souterraine, site Web sur leau http://www.ec.gc.ca/water/accueil.htm,
mars 2000.
(16) Stéphane Gagné,
« Les eaux souterraines : une ressource convoitée », Le Devoir, 6 décembre
1997, p. F6.
(17) Commission
mixte internationale (2000).
(18) Environnement
Canada, « Renseignements généraux sur les prélèvements massifs et les
exportations deau », La Voie verte, août 2000. Voir aussi David
Johansen, Les
prélèvements massifs deau et lALENA, Capsule dinformation
TIPS-20F, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement, 4 février
2001.
(19) Ministère des
Affaires étrangères et du Commerce international, Mise en oeuvre dune
stratégie visant à prévenir le prélèvement à grande échelle des eaux du Canada, y
compris les eaux destinées à lexportation, communiqué, 10 février 1999.
(20) Voir David
Johansen, Projet de
loi C-6 : Loi modifiant la Loi du traité des eaux limitrophes internationales,
Résumé législatif LS-383F, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du
Parlement, 12 février 2001.
(21) Ministère
des affaires étrangères et du Commerce international, « Le Canada accueille avec
satisfaction le rapport de la Commission mixte internationale sur la protection des eaux
des Grands Lacs », site Web http://198.103.104.118/minpub/Publication.asp?FileSpec=/Min_Pub_Docs/103094.htm
du ministère, 15 mars 2000.
(22) Voir le Rapport du
Comité permanent de lenvironnement, Lenvironnement et la Constitution,
Chambre des communes du Canada, mars 1992.
(23) Commission mixte
internationale (2000).
(24) Environnement
Canada, Loi sur les ressources en eau du Canada Rapport annuel 1998-1999.
(25) Environnement
Canada, Politique fédérale relative aux eaux, 1987.
(26) Le bassin des
Grands Lacs et du Saint-Laurent contient le cinquième des ressources en eau douce de la
Terre.
(27) Cosgrove et
Rijsberman (2000). Voir la note 1.
(28) Environnement
Canada, Initiatives axées sur lécosystème, document dinformation.
(29) Voir plus haut la section UNE PROBLÉMATIQUE PLANÉTAIRE :
MIEUX GÉRER LEAU.
(30)
Société canadienne dhypothèque et de logement, The Ecological City:
Canadas Overview, Federation of Canadian Municipalities, mai 1995.
Stéphanie Meakin, Leau dans les municipalités au Canada, Direction de la
recherche parlementaire, BP-333F, avril 1993.
(31) Agriculture et
Agroalimentaire Canada, La Santé de leau Vers une agriculture durable au
Canada, 2000.
(32) BAPE,
« Leau, ressource à protéger, à partager et à mettre en valeur »,
extrait de la Conclusion générale, site Web, juin 2000.
(33)
« World Water Vision: North America », site Web http://www.gwpforum.org/worldwatervision.htm,
juin 2000.
ANNEXE
1
GLOSSAIRE
Eau consommée : (1) Eau dont lutilisation mène
à son évaporation. (2) Eau incorporée à des produits ou à des organismes et qui
nest plus disponible pour dautres fins.
Eau de surface : Toute eau naturellement en contact
libre avec latmosphère (cours deau, lac, réservoir, bassin de retenue, mer,
estuaire, etc.). Le terme désigne également les sources, puits et autres
collecteurs directement influencés par leau de surface.
Eau douce : Eau contenant généralement moins de
1 000 milligrammes par litre de matières solides dissoutes comme les sels, les
métaux, les éléments nutritifs, etc.
Eau prélevée : Eau dérivée de cours deau ou de
rivières et pompée à partir des eaux souterraines pour utilisation humaine.
Eau renouvelable : Leau est considérée comme une
ressource inépuisable ou renouvelable, puisque les activités humaines ninfluent
pas sur les réserves totales deau de la biosphère, même si la durée du cycle de
vie de leau varie en fonction du lieu où elle se trouve et de son
utilisation. Cependant, pour être utile, leau doit présenter une certaine
qualité et être physiquement disponible. Par conséquent, elle est aussi
considérée comme une ressource rare et parfois même non renouvelable en raison
notamment dun cycle de vie qui peut savérer extrêmement long.
Eaux souterraines : Réserves deau douce stockées
sous la surface de la terre (habituellement dans des aquifères), qui alimentent souvent
les puits et les sources.
Eau utilisée : Les ressources prélevées des eaux de
surface et souterraines à des fins anthropiques. Une partie de cette eau est
ensuite retournée dans lenvironnement après utilisation et, en conséquence,
remise en disponibilité.
Gestion des eaux : Étude, planification et surveillance
des ressources en eau, et application de techniques de développement et de contrôle
quantitatives et qualitatives en vue dutiliser de façon polyvalente et à long
terme les diverses formes de ressources hydriques.
Qualité de leau : Terme utilisé pour décrire
les caractéristiques chimiques, physiques et biologiques de leau relativement à
une utilisation particulière.
Système de traitement des eaux dégout :
Canalisations, stations de pompage, conduites de refoulement et tous les autres appareils,
structures et installations employés pour recueillir les déchets et les transporter vers
un point donné, pour traitement ou élimination.
ANNEXE 2
UTILISATION DE L'EAU AU CANADA

Source : Environnement Canada, La Voie verte, novembre 2000
ANNEXE
3
LE TRAITEMENT DE L'EAU AU CANADA
Leau potable
La désinfection de leau potable prévient différents types
de maladies causées par des pathogènes présents dans leau. La chloration
est la technique la plus utilisée à cause de lefficacité avec laquelle elle
permet déliminer les coliformes fécaux, ainsi que les autres bactéries et autres
micro-organismes.
La désinfection par les rayons ultraviolets représente un
complément à lutilisation du chlore. À laide de lénergie de la
lumière, ce procédé permet de détruire les organismes pathogènes.
Lozonation de leau est également employée au Canada. Lozone et
les ultraviolets, quoique efficaces, ne permettent la désinfection de leau que
ponctuellement, alors que le chlore continue à désinfecter leau tout au long de
son transport dans le système de distribution.
Les eaux usées
Au Canada, les eaux usées sont :
- traitées avant dêtre rejetées dans lenvironnement
(environ 20 millions de Canadiens bénéficient de ce service); ou
- rejetées directement dans le milieu aquatique récepteur sans
recevoir aucune forme de traitement.
Le traitement que peuvent recevoir les eaux usées peut prendre une
ou plusieurs des formes suivantes :
- Traitement primaire : Après un traitement préliminaire
qui consiste à tamiser leau et à en retirer les débris les plus gros, un
procédé totalement physique permet de séparer les matières solides du liquide.
Leffluent est ainsi débarrassé de ses substances flottantes, huileuses et
graisseuses, et lon peut disposer de plusieurs façons des boues qui en résultent.
Si leffluent nest pas soumis à dautres traitements, il est tout
simplement déversé dans lenvironnement. En général, un traitement
primaire sans produits chimiques permet de diminuer la demande biochimique en oxygène
(DBO) de 25 à 40 p. 100 et de retirer entre 40 et 60 p. 100 des matières solides en
suspension(1).
- Traitement secondaire : Sil est appliqué, le
traitement secondaire ou biologique suit le traitement primaire. Il consiste à introduire
des micro-organismes dans le bassin contenant leffluent liquide et à leur fournir
loxygène nécessaire à leur survie pour leur permettre de salimenter de la
matière organique. Cette étape permet de réduire considérablement la quantité
de matières solides dans les eaux usées. Les boues résultant de ce traitement
sont soit traitées ultérieurement ou retournées dans la boucle du traitement
biologique. Le traitement secondaire permet de réduire la DBO de 85 à 95 p. 100 et
déliminer jusquà 99 p. 100 des coliformes.
- Traitement tertiaire : Sil est appliqué, le
traitement tertiaire ajoute aux autres traitements lutilisation de technologies
supplémentaires, dont le choix dépend des caractéristiques des eaux usées. Il
peut sagir de filtres supplémentaires, au charbon par exemple, ou dautres
filtres spécialisés qui permettent de retirer les métaux, certaines substances
chimiques ou dautres types de contaminants. En plus de réduire encore
davantage les matières en suspension et la DBO, le traitement tertiaire sert à éliminer
les substances telles que le phosphore et les produits azotés ou ammoniacaux.
Le chlore est parfois utilisé à la dernière étape dun
système de traitement des eaux usées, juste avant leur rejet dans le milieu aquatique
récepteur.
La Colombie-Britannique privilégie le traitement primaire et les
provinces des Prairies, le traitement secondaire. LOntario a adopté le
traitement tertiaire. Les trois types sont utilisés au Québec à divers degrés,
bien que le traitement tertiaire y soit plus rare. Dans les provinces de
lAtlantique, la moitié de la population desservie par des réseaux dégouts
rejette directement les eaux usées non traitées dans les eaux estuariennes et
côtières, dont le pouvoir de dilution est jugé suffisant.
(1)
Sierra Legal Defense Fund, The National Sewage Report Card Rating the treatment
methods and discharges of 20 Canadian cities, juin 1994.
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